Le paysage économique canadien est en pleine mutation. L’évolution de l’environnement commercial, les efforts mondiaux de réduction des émissions et d’autres tendances structurelles refaçonnent les industries et les exigences professionnelles. Ces changements s’accompagnent de perspectives favorables, mais aussi de risques et de conséquences disparates.
Certaines communautés sont particulièrement exposées aux perturbations que de tels changements feront subir au marché du travail. Cette note d’information cible les licenciements collectifs et les fermetures d’une importance suffisante pour hausser considérablement le taux de chômage local. Ces événements peuvent provoquer des chocs à l’échelle communautaire qui vont bien au-delà des travailleurs et des employeurs directement touchés. Les conséquences de tels bouleversements peuvent être particulièrement dramatiques dans les communautés plus petites, plus éloignées et moins diversifiées sur le plan économique, où ils peuvent se répercuter sur le tissu économique local (fournisseurs et entreprises), affaiblir les revenus des municipalités, secouer le marché immobilier et nuire à la cohésion sociale et au bien-être général de la population.
Les systèmes de soutien canadiens ciblent surtout les pertes d’emploi individuelles et les employeurs directement touchés. Ils proposent des mesures ad hoc morcelées plutôt qu’un soutien coordonné, rapide et à l’échelle communautaire. Lorsque des fermetures majeures et des licenciements collectifs surviennent, l’aide peut arriver trop tard ou ne pas répondre pleinement à l’ampleur ou à la nature des besoins de la communauté. Une telle approche est insuffisante, en particulier en période d’instabilité économique.
Pour aider rapidement et efficacement les personnes et les régions touchées par des licenciements collectifs et des fermetures importantes, une approche coordonnée et globale est nécessaire. Afin de renforcer la capacité d’intervention rapide et d’aider ces communautés à se stabiliser financièrement et à planifier leur avenir, l’Institut de recherche en politiques publiques recommande les mesures suivantes. Chaque mesure est liée à des conditions claires, afin que les réponses correspondent aux différents besoins des communautés, selon leur ampleur :
L’économie canadienne navigue sur des mers inconnues. Des politiques commerciales changeantes obligent le Canada à diversifier ses partenaires (Premier ministre du Canada, 2025a). Les efforts visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale transforment les industries phares, notamment celles de l’énergie et de la fabrication (Chejfec et al., 2025). D’autres tendances planétaires, comme le vieillissement de la population, l’automatisation et l’intelligence artificielle (Ochinski et Walia, 2025), redéfinissent les emplois ainsi que les compétences requises de la main-d’œuvre. Pendant ce temps, les Canadiens ressentent une pression financière croissante. Le coût de la vie grimpe, le logement est moins abordable et plus difficile à trouver, les emplois sont précaires. Tout cela contribue à un sentiment croissant de précarité économique (Coletto et Sheppard, 2025).
Les conséquences de ces transformations n’affectent pas tous les individus et toutes les communautés de la même façon. La transition énergétique mondiale et des changements dans les politiques commerciales accroissent le risque de fermetures majeures et de licenciements collectifs dans certaines communautés, ce qui les rend plus vulnérables aux perturbations du marché de l’emploi. Bien que la transition énergétique soit susceptible de créer plus d’emplois au Canada qu’elle n’en supprime, les nouvelles occasions ne se trouveront pas nécessairement aux endroits où les emplois ont été perdus et elles ne seront pas nécessairement offertes aux travailleurs touchés (Atiq et al., 2022 ; Augustine et al., 2023 ; Brown et al., 2024 ; Centre des compétences futures, 2022 ; RBC Capital Markets, 2022 ; Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE], 2024). Par exemple, les communautés du sud de l’Ontario seront confrontées à des défis différents de ceux des communautés du nord du Québec ou de l’Alberta. Dans les communautés plus petites, plus éloignées et moins diversifiées sur le plan économique, où la main-d’œuvre a tendance à être plus âgée et moins instruite, l’adaptation aux chocs peut être plus difficile (Jackson et al., 2025).
S’inscrivant dans notre projet Transformations communautaires, cette note d’information est la troisième d’une série examinant comment soutenir les communautés exposées grâce à des transformations économiques. La première note d’information, Dynamiser les stratégies de transformation communautaire, portait sur les plans de développement économique menés par les communautés afin de renforcer leur résilience à long terme (Samson et al., 2025). La seconde, intitulée Travailleurs résilients, communautés résilientes, soulignait la nécessité de développer des compétences locales pour renforcer la résilience de la main-d’œuvre (Jackson et al., 2025).
La présente note d’information met l’accent sur la phase aiguë de perturbation, c’est-à-dire la période critique pendant et immédiatement après le départ d’un employeur important ou un licenciement collectif. Même lorsqu’ils sont annoncés à l’avance, les licenciements collectifs et les fermetures majeures laissent souvent peu de temps aux communautés pour s’adapter. Nous examinons, d’une part, les défis socioéconomiques auxquels les communautés sont confrontées lors de ces perturbations, et, d’autre part, les mesures de soutien à mettre en œuvre rapidement et dont elles ont besoin pour affronter les conséquences des pertes massives d’emplois locaux.
La définition d’un licenciement collectif va changer d’un endroit à l’autre (voir encadré 1). Dans le cadre de notre étude, nous faisons référence à des événements suffisamment importants, relativement à la taille de la main-d’œuvre ou de la population locale, pour entraîner une hausse marquée du chômage parmi les travailleurs touchés directement et indirectement.
Le moment et l’ampleur de telles perturbations sont par définition incertains (Chejfec et al., 2025). En identifiant à l’avance les communautés exposées, les gouvernements peuvent mieux se préparer à les soutenir face aux effets d’entraînement potentiels de ces chocs.
L’IRPP a développé une méthodologie pour identifier les communautés (divisions de recensement) exposées aux perturbations potentielles du marché du travail en raison de la transition énergétique mondiale (Chejfec et al., 2025) et des changements dans la politique commerciale américaine (Chejfec, 2025a). Cette méthodologie s’appuie sur les caractéristiques structurelles de la communauté, plutôt que sur les attentes liées à des politiques gouvernementales ou à des tarifs douaniers précis.
La vulnérabilité à la transition vers la carboneutralité est évaluée à l’aide de trois indicateurs permettant de repérer les communautés dont les valeurs mesurées sont nettement supérieures à la moyenne pour les critères suivants :
Quant à la vulnérabilité aux changements dans la politique commerciale américaine, elle est évaluée en identifiant les communautés dont le taux d’emploi local est nettement supérieur à la moyenne dans les secteurs tributaires des exportations vers les États-Unis. Sur les 293 communautés canadiennes analysées aux fins de cette étude, 19 d’entre elles sont particulièrement exposées aux deux sources de perturbation; nous les appelons les communautés à double exposition (voir figure 1).
Toutes les communautés exposées méritent notre attention. Nos recommandations peuvent s’appliquer de façon générale aux communautés confrontées à des fermetures ou des licenciements importants. Dans cette note d’information, nous ciblons les communautés où les répercussions risquent d’être les plus graves. Par notre analyse, nous cherchons à évaluer l’ampleur potentielle des perturbations et la capacité d’adaptation d’une communauté. Pour ce faire, nous utilisons certains indicateurs socioéconomiques (voir tableau A.1) afin d’identifier certaines communautés déjà confrontées à des pressions économiques, sociales ou démographiques importantes et exposées aux perturbations du marché de l’emploi. Cela comprend des communautés exposées à la transition vers la carboneutralité et inclut un sous-ensemble plus restreint qui, en plus, est exposé aux changements de la politique commerciale américaine. Pour ces communautés, les licenciements collectifs pourraient amplifier les défis existants et exercer une pression supplémentaire sur l’ensemble de la communauté.
Les fermetures d’usines et les licenciements collectifs peuvent remodeler le paysage socioéconomique d’une communauté (Behrens et al., 2021 ; Niftiyev, 2024). Les changements dans l’emploi local sont souvent associés à des changements plus profonds dans les conditions de vie et le bien-être des communautés. Les études examinant les conséquences des licenciements collectifs sur l’emploi et la productivité montrent que ces licenciements tendent à avoir des répercussions régionales plus importantes et plus durables, les régions rurales étant, en moyenne, plus durement touchées (Vermeulen et Braakmann, 2023).
Lorsqu’un employeur important ferme ses portes, cela peut avoir un effet d’entraînement sur l’économie et les chaînes d’approvisionnement locales (OCDE, 2025). La figure 2 montre comment cette incidence peut s’étendre bien au-delà des travailleurs et des employeurs directement touchés. Dans certains cas, la fermeture d’un établissement entraîne des perturbations indirectes, comme des pertes d’emplois et un déclin plus général dans les chaînes d’approvisionnement connexes et d’autres secteurs de l’économie locale. Les licenciements causent également des retombées induites : en réduisant les revenus des ménages ainsi que leurs dépenses en alimentation, en services et en logement, ils affaiblissent la demande de biens et de services dans l’ensemble de la communauté (Dallaire-Fortier, 2024).
Ces conséquences indirectes et induites peuvent être majeures (Marchand, 2012), mais leur ampleur est souvent imprévisible. À long terme, les fermetures peuvent même affaiblir la confiance des entreprises locales, ce qui rend les nouveaux investissements et les entrepreneurs plus difficiles à attirer (Sutton et al., 2022).
Le départ d’un gros employeur peut gruger les recettes fiscales locales, ce qui limite la capacité d’une communauté à financer ses services publics et ses infrastructures. Par exemple, la fermeture de centrales électriques à combustible fossile dans l’Illinois, aux États-Unis, a entraîné une perte annuelle de plus d’un million de dollars en taxes foncières dans plusieurs comtés (Funderburg, 2024). Les municipalités canadiennes dépendent elles aussi fortement des impôts fonciers, qui représentent environ la moitié de leurs revenus (Fédération canadienne des municipalités, 2024). Lorsque les recettes tirées des impôts fonciers commerciaux ou industriels diminuent, la charge fiscale peut se reporter sur les ménages par une hausse des impôts fonciers résidentiels (Johal et al., 2019). L’exode des résidents peut réduire encore davantage l’assiette fiscale locale (Sutton et al., 2022).
En plus des recettes fiscales, les grands employeurs contribuent souvent de manière substantielle à l’économie locale par l’entremise de contributions en nature et en dons (Oncescu, 2016). Ces employeurs, ainsi que leurs employés mieux rémunérés, ont tendance à soutenir les organismes caritatifs locaux, comme Centraide (Card et al., 2010 ; Sutton et al., 2022). Les grandes pertes d’emplois réduisent ces contributions.
Lorsqu’une fermeture majeure oblige les économies locales à se restructurer, cela peut avoir de fortes répercussions sur les organismes communautaires ruraux. La participation aux loisirs peut diminuer, les priorités des programmes peuvent changer et les services et les équipements de loisirs peuvent être davantage sollicités (Oncescu, 2016). Pendant que les organismes caritatifs et les services locaux fléchissent, les pertes d’emplois massives augmentent la demande de soutien (Russo et Linkon, s. d.).
Une hausse du chômage local peut être associée à une baisse des prix de l’immobilier local, ce qui peut contraindre davantage le budget des ménages de la communauté (Nam, 2024).
Les licenciements et les chocs sur les revenus compliquent le remboursement des dettes des ménages, dont les prêts hypothécaires. Les projections de la Banque du Canada (2025) montrent que de nombreux ménages auraient du mal à rembourser leurs dettes en cas de choc sur le marché du travail causé par des licenciements liés à des perturbations commerciales, des taux d’intérêt croissants ou une croissance économique ralentie. L’incertitude économique liée à la hausse du chômage et aux tensions commerciales augmente le stress financier des ménages et le risque de défaillance hypothécaire (Bureau du surintendant des institutions financières, 2025 ; Société canadienne d’hypothèques et de logement, 2025).
Une incertitude économique croissante et une baisse de la demande de logements peuvent faire baisser les prix de l’immobilier et réduire la valeur des immeubles que les ménages et les entreprises peuvent offrir en garantie pour l’obtention d’un prêt. Selon des estimations tirées de données américaines, une hausse d’un point de pourcentage du chômage est associée à une baisse de 1,55 % des prix des maisons, causée principalement par l’incertitude plutôt que la perte de revenus (Nam, 2024). Les personnes confrontées à une insécurité de l’emploi et des revenus tendent à reporter l’achat d’une maison, ce qui affaiblit davantage la demande de logements (Attanasio et al., 2012 ; Lersch et Dewilde, 2015). Cette incertitude peut également inciter les acheteurs potentiels à se tourner vers la location, ce qui peut réduire le nombre de logements vacants et faire augmenter les loyers (Société canadienne d’hypothèques et de logement, 2024a).
Lors de la récession de 2007-2009 aux États-Unis, de nombreuses personnes ont perdu leur maison à la suite de saisies hypothécaires. Les acheteurs d’une première propriété ont également reporté leur achat, ce qui a entraîné une hausse du nombre de locataires et de la concurrence pour du logement abordable. La nouvelle offre étant limitée, les taux d’inoccupation ont baissé et les loyers ont augmenté sur de nombreux marchés (Joint Center for Housing Studies of Harvard University, 2011). À Fort McMurray, en Alberta, les prix des propriétés ont considérablement baissé en 2015 en raison de la chute du cours du pétrole ainsi que des licenciements et des baisses de salaires qui en ont découlé dans les entreprises exploitant les sables bitumineux et chez leurs fournisseurs (Postmedia News, 2015). Entre janvier 2014 et janvier 2016, le prix moyen des logements a chuté de 17 % (Gensey, 2016).
Lorsque les prix de l’immobilier baissent, les garanties perdent de leur valeur. Les entreprises qui possèdent des actifs immobiliers ont moins de possibilités d’emprunt, ce qui peut restreindre le crédit et contribuer à des suppressions d’emplois, haussant le chômage local (Pinter, 2015). Pour les ménages, la baisse des prix réduit la valeur nette de leur logement, c’est-à-dire la différence entre la valeur de leur maison et le montant qu’il reste à rembourser. Il devient alors plus difficile pour les familles de refinancer leur prêt hypothécaire ou d’emprunter sur la valeur de leur propriété pour assurer leurs dépenses quotidiennes lorsque les revenus sont moindres (Banque du Canada, 2023). Certaines familles peuvent se retrouver avec une dette hypothécaire supérieure à la valeur de leur maison, ce qui complexifie tout projet de déménagement (Dsouza, 2025). Une offre excédentaire de propriétés dans un même marché peut aussi empêcher les familles de vendre leur principal actif.
Une perte d’emploi peut miner l’intégration locale, entraînant une réclusion, une réduction du soutien de la communauté et une rupture des liens sociaux et familiaux (Brand, 2015). Par exemple, les habitants des petites communautés rurales ou isolées peuvent être amenés à parcourir de plus longues distances pour trouver un nouvel emploi ou accéder à des services, ce qui diminue le temps passé dans leur communauté et leur famille. Cette absence fragilise l’engagement et la cohésion communautaires, et le sentiment d’appartenance des habitants. De telles situations, si elles sont ignorées, peuvent détruire les fondements sociaux des communautés rurales (Oncescu, 2015).
Les travailleurs licenciés peuvent être confrontés à des problèmes de santé mentale immédiats et à long terme. Par exemple, après la fermeture des usines du fabricant automobile Mitsubishi en Australie, en 2004, les travailleurs licenciés ont signalé des niveaux plus élevés de détresse mentale et des changements dans leur vie sociale (Beer et al., 2006). Les perturbations sur le plan des revenus, de la structure quotidienne et du bien-être psychologique peuvent entraîner de la dépression, de l’anxiété et une baisse de la satisfaction à l’égard de la vie chez les travailleurs licenciés (Brand, 2015). Le bien-être des enfants est également affecté pendant et après la perte d’emploi de leurs parents (Newman et McDougall, 2009). À Estevan, petite ville de la Saskatchewan, les inquiétudes liées à la fermeture des centrales au charbon et des mines connexes ont été associées à une hausse des taux de toxicomanie (IRPP, 2025a). À Ingersoll, en Ontario, les licenciements ont entraîné une augmentation du recours aux services de santé mentale (IRPP, 2025b).
Les licenciements collectifs peuvent inciter les résidents en âge de travailler à partir lorsqu’il n’existe aucun débouché comparable à proximité (Foote et al., 2018; OCDE, 2025; Oncescu, 2016 ; Sutton et al., 2022). Les jeunes travailleurs sont particulièrement attentifs à la présence de débouchés locaux de qualité (Behrens et al., 2021) et les données canadiennes montrent qu’ils sont plus susceptibles de déménager que leurs aînés quand ils perdent leur emploi (Morissette et Qiu, 2021).
L’exode de la population en âge de travailler peut perturber davantage les communautés, entraînant non seulement une pénurie de main-d’œuvre, mais aussi une perte de connaissances et d’expertise (Stalker et Phyne, 2014). Ce phénomène peut réduire l’effectif local, les recettes fiscales locales et la capacité de la communauté à attirer de nouveaux débouchés économiques, en particulier dans les communautés plus petites ou éloignées (Bruce et al., 2005).
À mesure que la main-d’œuvre locale décroît et que la population vieillit, la pression augmente sur les services locaux, comme les soins de santé (Conseil de l’information sur le marché du travail, 2024). Par exemple, à l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, l’exode rural est un problème important depuis que la sidérurgie, l’extraction du charbon et la pêche à la morue ont cessé (IRPP, 2025c). Entre 2001 et 2021, la population du Cap-Breton a chuté de 13 %. Environ 30 % des Capbretonnais sont âgés de 65 ans et plus, ce qui fait de la région l’une des plus âgées au pays (Murray et Campbell, s. d.). Avec un bassin de travailleurs réduit et une population vieillissante, Cap-Breton peine à répondre à ses besoins en main-d’œuvre, puisqu’il n’y a pas assez de jeunes pour remplacer les travailleurs qui prennent leur la retraite (Murray et Campbell, s. d.).
Pendant ce temps, les taux de mobilité régionale après une perte d’emploi sont généralement faibles, en particulier chez les travailleurs plus âgés ou ayant occupé le même emploi longtemps ainsi que chez ceux ayant un niveau de scolarité moins élevé (Morissette et Qiu, 2021). Beaucoup de gens préfèrent rester dans leur communauté pour des raisons sociales et économiques : environ deux tiers des chômeurs hésitent à déménager pour trouver un nouvel emploi (Morissette, 2017). Certains débats de politique publique portent sur le relogement des communautés durement touchées, mais les données sur les réinstallations de population à grande échelle sont peu concluantes. Un déménagement peut coûter cher et être traumatisant pour les familles et les communautés (Morisette, 2017). Par exemple, il y a eu une forte opposition au Québec lorsque le premier ministre François Legault a suggéré en 2025 que les habitants des communautés forestières touchées par les fermetures de scieries déménagent pour aller travailler dans le secteur minier ou dans la fonction publique provinciale (Carabin, 2025; Van Praet et Jang, 2025). Les approches axées sur le lieu (voir encadré 2) visent à aider les communautés à s’adapter et à soutenir les travailleurs là où ils vivent (OCDE, 2025; Yassin et Jackson, 2025).
La reprise après une fermeture d’entreprise ou un licenciement collectif varie selon les endroits. Les communautés plus grandes, plus diversifiées sur le plan économique et situées plus près des zones urbaines ont tendance à mieux s’en sortir lorsqu’une industrie primaire est perturbée (O’Hagan et Cecil, 2007). Les différences structurelles et politiques régionales, notamment la concentration géographique de certaines industries ou la politique d’immigration, peuvent également affecter la résilience des communautés après un choc soudain sur le marché du travail (Behrens et al., 2021).
Les communautés plus exposées aux perturbations du marché de l’emploi liées à l’objectif de carboneutralité sont, en moyenne, moins peuplées, plus éloignées géographiquement et moins diversifiées sur le plan économique que les autres. Leurs travailleurs ont tendance à être plus âgés, à avoir moins fait d’études postsecondaires et, dans certains cas, à faire davantage partie de communautés autochtones (Jackson et al., 2025 ; Samson et al., 2025).
Dans les petites collectivités isolées qui dépendent souvent d’un seul secteur d’activité ou d’un seul employeur, une fermeture ou un licenciement important peut avoir des répercussions plus marquées à l’échelle de la collectivité (Bruce et al., 2005). La figure 3 montre comment cette dépendance est fréquente dans les collectivités exposées à la transition vers la carboneutralité, incluant celles qui sont en plus exposées aux changements dans la politique commerciale américaine.
Le panneau A recense les communautés exposées où plus de 5 % des travailleurs, au nombre d’au moins 200, sont employés dans un seul secteur d’activité, à l’exclusion de l’agriculture et de la plupart des services (éducation, soins de santé, administration publique). Environ les trois quarts des communautés les plus exposées au Canada présentent une telle concentration.
Le panneau B montre les communautés où l’écart entre la première et la troisième industrie est supérieur à cinq points de pourcentage. Plus cet écart est important, plus la communauté est susceptible de dépendre de manière disproportionnée de sa principale industrie pour l’emploi local.
Les deux tableaux montrent que certaines communautés, telles que Shelburne, en Nouvelle-Écosse (pêche, chasse et piégeage), la division n° 16 de l’Alberta (extraction de pétrole et de gaz) et la division n° 10 de Terre-Neuve-et-Labrador (extraction minière et exploitation en carrière), sont spécialisées et présentent des écarts considérables. De telles caractéristiques augmentent la probabilité que ces communautés subissent des répercussions si des fermetures importantes survenaient dans leur principale industrie. Cette exposition est substantielle, car la figure 3 ne tient compte que des emplois directs et non des emplois indirects ou induits. Dans plusieurs de ces communautés, de nombreux autres emplois locaux dépendent aussi de la viabilité continue de leur principale industrie.
Les pressions économiques, sociales et démographiques préexistantes peuvent faire en sorte que, lorsque des fermetures importantes ou des licenciements collectifs se produisent, les répercussions sur l’ensemble de la communauté sont plus importantes (OCDE, 2025 ; Vermeulen et Braakmann, 2023). Par exemple, Alasia et al. (2008) prédisent un plus grand risque de déclin futur de l’emploi dans les communautés dont les indices de vulnérabilité sont plus élevés. Ces indices sont établis sur la base d’indicateurs comme le profil industriel et l’exposition aux restructurations, les taux de chômage et d’activité, le niveau de scolarité (capital humain), la diversification économique et la proximité des grands centres.
Dans notre analyse, nous soulignons parmi les communautés exposées aux perturbations du marché du travail en raison de l’objectif de carboneutralité celles qui obtiennent des résultats inférieurs aux moyennes nationales, provinciales et territoriales correspondantes pour toute une série d’indicateurs socioéconomiques. Ces résultats suggèrent que les conditions dans ces communautés sont déjà défavorables, même avant qu’un choc n’ait eu lieu (voir figure 4).
Pour évaluer les conditions préexistantes dans les communautés exposées, nous appliquons notre propre cadre d’analyse dans quatre domaines : la démographie, le travail, la pauvreté et le logement.
Ce cadre cible les conditions ou les indicateurs de référence susceptibles d’aggraver les répercussions d’une fermeture majeure sur l’ensemble de la communauté. Puisque nous avons analysé les communautés exposées selon les divisions de recensement, nous sommes limités par les indicateurs disponibles à cette échelle géographique. Le tableau A.1 résume notre cadre en décrivant chaque indicateur, en expliquant ce qu’il mesure et en détaillant pourquoi cet indicateur serait important advenant un licenciement collectif. C’est un exemple de la façon dont les décideurs politiques peuvent identifier les communautés qui sont déjà désavantagées et prédire la probabilité de conséquences plus importantes.
Pour chaque indicateur, la figure 4 montre combien de communautés exposées présentent des indicateurs inférieurs à la moyenne canadienne (panneau de gauche) et à la moyenne de leur province ou territoire (panneau de droite), indiquant les endroits où les conditions socioéconomiques peuvent déjà être défavorables. Ces panneaux ne se recoupent pas nécessairement : une communauté peut être en retard par rapport à sa province ou à son territoire sans pour autant se situer en deça de la moyenne nationale, et vice versa.
Le fait de ne comparer des communautés qu’avec d’autres communautés d’une même province ou d’un même territoire peut minimiser les problèmes locaux si l’ensemble d’une région est en difficulté. De la même façon, comparer des communautés uniquement avec la moyenne nationale peut masquer les désavantages locaux et les différences structurelles, notamment en ce qui a trait au marché du travail, au profil industriel et au coût de la vie. Seize collectivités exposées affichent des résultats inférieurs aux moyennes nationales ou provinciales et territoriales pour au moins un indicateur dans chacun des quatre domaines (démographie, main-d’œuvre, pauvreté et logement) (voir le tableau A.2.).
Les fermetures importantes ou les licenciements collectifs peuvent toucher plus durement les communautés rurales, éloignées et autochtones, car des pressions particulières peuvent y aggraver les répercussions. Dans plusieurs de ces communautés, les conditions socioéconomiques sont également défavorables.
De telles communautés souffrent d’un manque de services, comme certaines des communautés exposées identifiées dans notre analyse à la figure 1. L’absence de moyens de transport sûrs, abordables et fiables réduit l’accès à l’emploi, à l’éducation ou à la formation ainsi qu’aux services sociaux essentiels (Conseil d’action sur l’abordabilité, 2024). Des moyens de transport inadéquats et un accès limité aux services locaux peuvent accroître l’isolement social, en particulier chez les personnes âgées (Emploi et Développement social Canada [EDSC], s. d.). L’accès à l’éducation et à l’apprentissage en ligne est également limité par un accès inégal à l’Internet haute vitesse (Jackson et al., 2025). En conséquence, plusieurs de ces communautés se trouvent dans une impasse : elles ne peuvent attirer des travailleurs pour développer leurs entreprises sans de meilleures infrastructures, mais elles ne peuvent financer ces infrastructures sans accroître leurs occasions d’affaires (IRPP, 2025c, 2025d).
Les profils des communautés exposées établis par l’IRPP révèlent qu’elles ont tendance à être, en moyenne, plus petites, plus éloignées et moins diversifiées sur le plan économique que les communautés non exposées. Cela montre à quel point il peut être difficile d’attirer et de retenir des travailleurs qualifiés. Ces difficultés sont souvent dues à des lacunes dans les infrastructures, les équipements et les services locaux, notamment en ce qui a trait au logement, aux soins de santé, au transport, aux écoles, aux services de garde, à l’accès Internet et à la téléphonie mobile (IRPP, 2025a, 2025b, 2025c, 2025d, 2025e). La figure 5 présente trois divisions de recensement qui abritent des communautés exposées dont le profil a été détaillé par l’IRPP. En raison de leurs conditions socioéconomiques défavorables, ces endroits font partie des communautés exposées présentées dans la figure 4.
Dans les divisions de recensement répertoriées comme étant exposées aux perturbations du marché de l’emploi découlant de la transition vers la carboneutralité, on compte 131 communautés des Premières Nations, 7 communautés inuites et 8 établissements métis reconnus par le gouvernement (Jackson et al., 2025). Certaines communautés autochtones dépendent d’industries exposées pour l’emploi, les contrats de travail et la génération de revenus (Statistique Canada, 2023b). Environ 18 % de la main-d’œuvre autochtone du pays (151 000 personnes) vivent dans les divisions de recensement les plus exposées à la transition vers la carboneutralité, soit près du double de la main-d’œuvre non autochtone (Jackson et al., 2025) ; les fermetures massives dans les communautés exposées pourraient donc toucher une proportion importante de travailleurs autochtones. Les disparités socioéconomiques préexistantes entre les populations autochtones et non autochtones pourraient rendre ces chocs plus difficiles à surmonter et leurs conséquences, plus graves.
Les populations autochtones sont plus jeunes et connaissent une croissance plus rapide que la moyenne nationale, ce qui se traduit par une main-d’œuvre en pleine expansion. Pourtant, le niveau de scolarité, la participation au marché du travail et les résultats en matière d’emploi continuent d’être inférieurs aux moyennes des populations non autochtones (voir le tableau 1). En 2021, le taux d’activité des Premières Nations vivant dans les réserves était de 45,6 %, contre 63,9 % pour les populations non autochtones, soit un écart particulièrement marqué et croissant de 18,3 points de pourcentage (contre 17,1 points en 2016 et 14,9 points en 2006). Les taux d’emploi sont particulièrement faibles pour les Autochtones en âge de travailler vivant dans les communautés rurales, avec 46,5 % contre 57,4 % à l’échelle nationale en 2021 (Conseil national de développement économique des Autochtones, 2024).
La plus grande pauvreté, les besoins importants en matière de logement et l’accès inégal aux services peuvent hausser les pressions lorsque des fermetures surviennent. Le tableau 1 montre les défis socioéconomiques plus graves et persistants auxquels sont confrontées les populations autochtones.
Il existe également des disparités entre les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis, ainsi qu’entre les populations vivant dans et hors des réserves, incluant un accès inégal aux services essentiels permettant de répondre aux besoins fondamentaux, comme le logement (Abdi et Leedham, 2025 ; Services aux Autochtones Canada, 2023). Ces disparités découlent notamment des séquelles du colonialisme, du régime des pensionnats ainsi que du sous-financement chronique de l’éducation autochtone (Commission de vérité et réconciliation du Canada, 2015).
Notre analyse présentée dans la figure 4 permet d’identifier les communautés au sein desquelles la pression pourrait déjà se faire sentir. Cependant, puisque tous les indicateurs utilisent les données du recensement de 2021 en raison de la disponibilité de données désagrégées, ils présentent un portrait qui pourrait avoir changé depuis, et occulter ainsi certaines communautés actuellement sous pression. Les décideurs politiques qui souhaitent reproduire ce cadre peuvent évaluer les conditions actuelles grâce à des données locales intégrées et actualisées ainsi qu’à l’aide de signaux provenant du terrain (IRPP, 2025f, Samson et al., 2025).
Prenons l’exemple d’Ingersoll, en Ontario. Cette ville est une communauté exposée qui n’apparaît pas de manière constante dans la figure 4, puisqu’elle se portait relativement bien en 2021. Un regard récent sur le terrain dresse un tableau plus complet de la situation actuelle d’Ingersoll, laquelle ne se reflète pas encore dans les données statistiques officielles.
Ainsi, un profil de la communauté fondé sur des entretiens avec certains de ses membres montre que les fermetures répétées à l’usine CAMI de General Motors ont aussi entraîné celle de fournisseurs connexes, l’ouverture d’une banque alimentaire gérée par un syndicat et des demandes croissantes auprès de Centraide. Le profil met en évidence les effets des licenciements à l’usine CAMI de General Motors après 2021 (IRPP, 2025b).
Bien que l’usine CAMI ait obtenu le soutien du gouvernement pour produire des fourgonnettes électriques BrightDrop en 2022, la communauté a dû faire face à une demande imprévisible pour les véhicules électriques, à l’incertitude commerciale et à des réductions d’effectifs. Ces défis ont également nui aux chaînes d’approvisionnement et à la demande pour les services locaux. En mai 2025, la production a été interrompue à l’usine et, en octobre 2025, General Motors (2025) a annoncé qu’elle cessait définitivement la production du modèle BrightDrop à l’usine CAMI. Des données locales actualisées et des signaux provenant du terrain peuvent aider à signaler qu’Ingersoll fait présentement face à des perturbations et qu’elle est mise à l’épreuve.
Les perturbations économiques peuvent affecter l’ensemble d’une communauté, mais le système de soutien et les outils d’intervention du Canada ciblent principalement les licenciements individuels et l’adaptation des entreprises. Ils proposent des mesures ad hoc plutôt que des réponses coordonnées, globales et automatiques à l’échelle de la communauté. Une telle approche n’est pas adaptée au calendrier, à l’ampleur et à la nature des réponses attendues lors de fermetures importantes et de licenciements collectifs.
Les programmes actuels vont de modèles relativement intégrés et axés sur la communauté à des aides cloisonnées réservées aux travailleurs. Parmi les programmes prometteurs, citons les services de transition communautaire de la Colombie-Britannique et les centres POWER (Protect Ontario Workers Employment Response) de l’Ontario : ces approches combinent les éléments d’un partenariat local, d’une activation rapide et d’un guichet unique (Gouvernement de la Colombie-Britannique, 2025 ; Ministère du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences, 2025). Cependant, de nombreux autres programmes au Canada restent cloisonnés, présentent des lacunes en matière d’admissibilité et de calendrier, offrent un soutien limité aux ménages indirectement touchés et ont peu de moyens pour stabiliser les services locaux.
Le tableau A.3 résume les programmes provinciaux axés sur le soutien aux travailleurs licenciés. Le gouvernement fédéral a également annoncé ces dernières années une série de mesures de soutien ciblant des milieux et des secteurs d’activité précis pour les industries confrontées à des perturbations. Notre examen de ces programmes et initiatives révèle trois lacunes dans le système actuel :
Quand un licenciement collectif survient, une communauté a besoin de soutiens vitaux qui dépassent les services d’emplois. Un tel choc peut pousser davantage de personnes à demander du soutien au logement (comme la prévention des arriérés de loyer et de prêt hypothécaire), des services de santé mentale et de lutte contre la toxicomanie, de thérapie familiale, de conseils financiers ou d’aide en gestion des dettes. Les organismes municipaux et à but non lucratif qui subissent une perte de revenus peuvent également avoir besoin d’un soutien temporaire (voir la section « Effets dominos des fermetures d’entreprises et des licenciements collectifs »).
Par exemple, lorsqu’un employeur important ferme ses portes, l’assiette fiscale locale s’érode et les organismes de services sociaux sont confrontés à une demande croissante. Cependant, la plupart des programmes ne s’occupent pas des pertes de revenus municipaux ni ne renforcent la capacité des services sociaux pendant cette phase. Les communautés ont souvent besoin d’une aide rapide pour hausser la capacité des banques alimentaires et des services de consultation, mais il n’existe pas de fonds gouvernemental flexible pour répondre à ces besoins immédiats (Nauta, 2022 ; Projet Canada perspectives des organismes de bienfaisance, 2025). Les communautés touchées requièrent des services sociaux robustes et dotés de ressources suffisantes, de même qu’un soutien global pour améliorer les résultats locaux, mais ces éléments sont souvent négligés dans les plans de transition (EDSC, 2025b ; OCDE, 2025 ; Wells et al., 2020).
En vertu de leur mandat, l’assurance-emploi (AE) et de nombreux programmes pour le marché du travail, comme les subventions salariales ciblées et la formation en apprentissage, offrent un remplacement partiel du salaire et une reconversion professionnelle individuelle aux travailleurs licenciés. Par contre, la stabilisation des communautés ne relève pas du champ d’application de ces programmes (Commission de l’assurance-emploi du Canada, 2024, 2025).
Les mesures d’urgence ciblées par milieu ou secteur d’activité offrent un soutien utile de première ligne, notamment sous forme de formation, d’aide à la recherche d’emploi, ou encore par le programme de Travail partagé de l’assurance-emploi et des aides directes aux entreprises. Cependant, ces interventions sont limitées, cloisonnées et inégales d’un secteur d’activité et d’une province à l’autre. De plus, de telles mesures visent souvent les travailleurs licenciés et les entreprises touchées plutôt que l’ensemble de la communauté (Commissaire à l’environnement et au développement durable, 2022; Environnement et Changement climatique Canada, 2018). Il en existe de nombreux exemples :
Bien qu’utiles, de telles mesures sont ad hoc et se limitent principalement à des secteurs d’activité précis ainsi qu’aux travailleurs et entreprises directement touchés. Elles ne sont pas conçues pour répondre aux besoins plus larges de la communauté lors de licenciements collectifs ou de fermetures d’entreprises.
La mosaïque des mesures de soutien complique l’accès à l’aide pour les personnes et les communautés touchées. Les programmes et les plans de transition existants ne sont pas déclenchés de la même façon. Dans certains cas, l’aide est disponible dès que les gouvernements annoncent des initiatives ad hoc pour un secteur d’activité ou une région touchés. Dans d’autres cas, les programmes sont activés par des avis aux employeurs, l’intervention des syndicats ou un processus d’adhésion ou d’invitation au niveau communautaire.
Ces programmes et plans sont également répartis entre différents services et différentes administrations. Par exemple, Emploi et Développement social Canada gère l’assurance-emploi fédérale ; les EDMT dans chaque province et territoire offrent des services liés à la main-d’œuvre et à l’emploi ; certaines provinces fournissent des services de transition économique ; les agences de développement régional (ADR) encouragent les investissements et les programmes qui couvrent souvent plusieurs provinces et territoires ; Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE) offre une gamme de soutiens sectoriels ; et les municipalités et les organismes sans but lucratif offrent des services locaux. Il n’y a pas de guichet unique clair et cohérent ni de service d’accompagnement ni de guide local pour les communautés touchées.
L’initiative canadienne pour le perfectionnement professionnel et les possibilités d’emploi est un autre élément de la mosaïque de programmes fédéraux destinés à soutenir les réponses aux communautés lors de licenciements collectifs. Mise en œuvre dans le cadre du Programme de développement de la main-d’œuvre des communautés, cette initiative offre un financement pour les projets dans les régions touchées par des licenciements collectifs (EDSC, 2025c). Les candidats doivent soumettre une déclaration d’intérêt et attendre l’approbation fédérale ; ils ne peuvent postuler qu’une fois le licenciement collectif survenu. Avec un budget de 50 millions de dollars sur quatre ans (2024-2028), le programme est temporaire et de taille modeste, ce qui limite sa capacité à fournir un soutien continu à l’échelle nationale (EDSC, 2025d).
Quelques modèles provinciaux se rapprochent davantage d’une approche par guichet unique. Les services de transition communautaire de la Colombie-Britannique et les centres POWER de l’Ontario coordonnent les mesures de soutien entre les différents organismes et offrent aux travailleurs licenciés un accès centralisé et adapté à chaque situation. Cependant, ces modèles ne sont disponibles que dans leurs provinces respectives et ils disposent de ressources limitées pour stabiliser les services dans l’ensemble des communautés.
L’activation de services d’intervention rapide existants dans une province donnée dépend souvent de la présence des syndicats, de la coopération des employeurs ou d’une invitation de la communauté. Le soutien tend à être divisé en deux volets, soit les travailleurs d’un côté et les entreprises de l’autre, ce qui laisse peu de place aux services communautaires (Gouvernement de la Colombie-Britannique, 2025; Ministère du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences, 2025).
Certains modèles provinciaux offrent des exemples prometteurs de soutien coordonné. D’autres provinces proposent un ensemble disparate de services de transition qui varient selon le lieu et l’événement déclencheur. Ensemble, ces approches permettent de tirer des enseignements sur les solutions efficaces et sur les points à améliorer.
Les centres POWER de l’Ontario, anciennement connus sous le nom de centres d’action, sont financés par la province et soutenus par des EDMT. Ils fonctionnent grâce à des partenariats avec des syndicats locaux, des organismes communautaires et des établissements d’enseignement. Ces centres, qui sont dirigés par des syndicats, mettent les travailleurs en relation avec des programmes et organismes provinciaux, notamment Emploi Ontario, Meilleurs emplois Ontario et le Fonds de développement des compétences. Ils proposent des services de conseil par les pairs, une aide à la recherche d’emploi, de l’orientation vers des formations et certaines ressources de santé mentale pour les travailleurs touchés. La couverture varie selon les événements et l’appartenance à un syndicat (Ministère du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences, 2025).
Dans son énoncé économique de l’automne 2025, le gouvernement de l’Ontario a indiqué que 10 centres avaient aidé près de 15 000 personnes pendant l’année précédente (Ministère des Finances, 2025). À l’avenir, grâce à un nouvel investissement de 20 millions de dollars et à l’élargissement du programme, les centres POWER pourront intervenir de manière proactive avant que les licenciements ne surviennent et répondre aux demandes d’aide dans les 24 premières heures (Ministère des Finances, 2025).
Les services de transition communautaire de la Colombie-Britannique se mobilisent en 24 heures suivant la demande d’une communauté après un choc majeur. Ils restent sur place aussi longtemps que nécessaire. Ils forment une équipe locale multipartenariale chargée d’évaluer les besoins des travailleurs, d’organiser des salons de l’emploi, d’animer des séances d’information et de guider les travailleurs vers des formations professionnelles (Gouvernement de la Colombie-Britannique, 2025). Ces équipes peuvent assumer des rôles de développement à moyen terme si la communauté le souhaite. L’efficacité de telles initiatives dépend des capacités locales et de la volonté des communautés d’y participer et de solliciter un soutien.
Le modèle de la Colombie-Britannique est particulièrement prometteur pour être adapté ailleurs en raison de deux caractéristiques. Premièrement, son approche fondée sur l’invitation de la communauté et dirigée par elle s’appuie sur des gestionnaires régionaux qui entretiennent des relations de confiance à l’échelle locale, ce qui est particulièrement efficace dans les contextes ruraux et autochtones où cette confiance peut être fragile. Deuxièmement, son processus est structuré en plusieurs phases : il commence par les besoins des travailleurs, puis cible les entrepreneurs et l’écosystème commercial plus large, pour enfin s’adresser à l’ensemble de la communauté. Cette approche par triage garantit que les effets en cascade sont traités de manière systématique.
En 2020, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a mis en place une équipe chargée de la transition du secteur forestier afin de fournir des conseils sur les mesures de soutien à court et à long terme (Gouvernement de la Nouvelle-Écosse, 2020a). Cette équipe a apporté sa contribution à des initiatives représentant des investissements totalisant plus de 75 millions de dollars, dont une ligne d’assistance téléphonique gratuite, des services de reconversion et d’aide à l’emploi, de l’aide d’urgence et des outils de financement pour les entreprises (Gouvernement de la Nouvelle-Écosse, 2020b). Ces mesures ont procuré aux travailleurs et aux entreprises un ensemble coordonné de mesures de soutien provenant de différents services gouvernementaux.
Toutefois, ces services s’adressaient d’abord aux travailleurs et aux entreprises du secteur forestier. Ils n’incluaient pas de mesures de soutien à l’échelle des communautés pour stabiliser les revenus des municipalités ou la capacité des organismes à but non lucratif.
En 2015, le gouvernement de l’Alberta s’est engagé à éliminer les émissions provinciales provenant des centrales électriques au charbon et il a lancé un ensemble de mesures de transition sectorielles. Il a jumelé un fonds de 40 millions de dollars destiné à soutenir les travailleurs (aide à la réinstallation, bons de formation, subventions de transition vers la retraite et services d’aide à la transition professionnelle) à un fonds de transition pour les communautés vivant du charbon de 5 millions de dollars destiné à 12 projets municipaux (Jobs, Economy, Trade and Immigration, s. d.-a).
Ce plan d’élimination progressive du charbon comprenait également des services d’adaptation de la main-d’œuvre, qui continuent d’aider les entreprises, les syndicats et d’autres parties prenantes de la communauté à élaborer une réponse coordonnée pour planifier et réagir aux changements du marché du travail, comme les licenciements, les fermetures ou les réductions d’effectifs (Jobs, Economy, Trade and Immigration, s. d.-b). Grâce à de tels services, les entreprises et les syndicats peuvent former des comités multipartites et embaucher des intervenants pour aider les travailleurs touchés.
En 2025, la Commission de la construction du Québec (CCQ) s’est associée au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) pour réagir aux licenciements collectifs dans la province. L’initiative a été lancée dans un contexte d’incertitude économique croissante, en raison des droits de douane et d’un besoin accru de main-d’œuvre dans le secteur de la construction (CCQ, 2025).
Les entreprises touchées par un licenciement collectif doivent en informer le MESS, qui coordonne ensuite ses efforts avec les comités d’aide au reclassement de la CCQ. Si nécessaire, les équipes de la CCQ organisent des séances d’information et fournissent des conseils aux travailleurs de l’entreprise touchée afin de les aider à poursuivre leur carrière dans le secteur de la construction (CCQ, 2025).
Des exemples internationaux mettent en valeur des modèles qui réduisent le cloisonnement et garantissent un déclenchement plus rapide des mesures, tout en facilitant l’accès aux services pour les communautés. Les exemples suivants s’appuient sur des études de cas de l’IRPP portant sur les mesures de soutien à la transformation communautaire ancrées dans le milieu ainsi que sur des données probantes à l’échelle internationale.
Aux États-Unis, les équipes d’intervention rapide du ministère du Travail (Department of Labor) se déploient rapidement après que les entreprises les informent d’un licenciement, ce qui doit généralement être fait au moins 60 jours à l’avance (Employment and Training Administration, s. d.). Les équipes fournissent des services sur place aux travailleurs et aux entreprises, notamment des informations sur l’assurance-emploi, les options d’assurance maladie et l’accès à des ressources en matière de compétences et de formation. L’équipe propose des orientations vers d’autres programmes et services, comme les American Job Centers, grâce à un canal unique (Employment and Training Administration, s. d.).
La Latrobe Valley Authority a été créée en 2016 en tant qu’organisme responsable de simplifier et coordonner le soutien aux communautés, à la suite de la fermeture d’une importante centrale au charbon (Regional Development Victoria, s. d.). Elle a mis en place du soutien à l’emploi, à la formation, à la santé et au bien-être des travailleurs. Elle a également implanté des projets et des programmes d’investissement pour les entreprises locales, notamment un guichet unique afin d’améliorer l’accès aux mesures de soutien, aux réseaux et aux subventions pour les organismes communautaires et les infrastructures (Regional Development Victoria, s. d.).
La Estrategia de Transición Justa (Stratégie de transition juste) associe des mesures d’aide aux travailleurs à des accords régionaux qui financent des projets et des services locaux, répondant ainsi explicitement aux besoins de l’ensemble de la communauté tout en mettant en avant des mesures individuelles. Un institut autonome supervise la stratégie. Cet institut s’appuie sur des fonds européens et nationaux pour fournir un cadre légal cogéré qui contribue à diversifier les régions dépendantes du charbon et à stabiliser les populations rurales (Yassin, Jackson et Male, 2025).
Le programme écossais Partnership Action for Continuing Employment (PACE) fonctionne comme un partenariat national d’organisations, dirigé par Skills Development Scotland. Il comprend 22 équipes PACE locales réparties dans le pays qui offrent un point de contact unique pour les entreprises et les travailleurs confrontés à des licenciements. Ce point d’accès unique intègre des informations sur le soutien à la carrière, aux compétences et aux revenus provenant du gouvernement, d’organismes à but non lucratif, de syndicats et d’employeurs partenaires (Skills Development Scotland, s. d.).
Le système canadien de soutien au revenu ne peut à lui seul répondre aux besoins fondamentaux qui surviennent lorsqu’une communauté entière est touchée par une fermeture importante ou des licenciements collectifs.
L’assurance-emploi (AE) est le premier niveau de soutien, le plus important et le plus essentiel. Lorsque les ménages de la communauté subissent une perte de revenu à la suite d’une fermeture importante ou d’un licenciement collectif, que ce soit directement ou indirectement, l’assurance-emploi fournit en principe un filet de sécurité aux travailleurs admissibles. En théorie, l’AE devrait être un stabilisateur automatique. Elle remplace une partie des revenus perdus pour soutenir chaque ménage, ce qui contribue à atténuer le choc subi par l’ensemble de la région. C’est pourquoi l’AE utilise des déclencheurs régionaux : lorsque le chômage augmente, les prestations deviennent plus généreuses et plus faciles d’accès. Cette approche reconnaît que les travailleurs peuvent avoir besoin de plus de temps pour trouver un emploi convenable dans un marché du travail en difficulté.
Cependant, en pratique, des problèmes de longue date liés à la complexité, à l’admissibilité et à la générosité des prestations nuisent à l’efficacité du programme de base de l’AE : elle n’est tout simplement pas conçue pour fournir un soutien à l’ensemble d’une communauté.
La complexité des règles et des interactions de l’AE, notamment les conditions d’admissibilité et le calcul des prestations, peut ralentir l’accès en cas de choc. Le traitement des demandes peut prendre jusqu’à quatre semaines en temps normal. Les règles de l’AE exigent que les demandeurs renoncent à la première semaine de prestations (le délai de carence) et que les indemnités de départ soient déduites du premier paiement (Groupe de travail de l’IRPP, 2022a, 2022b). Ces règles peuvent créer un manque lorsque les revenus diminuent, mais que l’aide n’est pas encore arrivée. Dans certains cas, elles réduisent le revenu remplacé au cours des premières semaines suivant un choc, ce qui limite l’aptitude de l’assurance-emploi à amortir la perte de revenu.
La portée du programme d’AE est limitée. Seule une partie des chômeurs ont accès aux prestations, soit environ 35 % d’entre eux dans l’ensemble du pays pendant l’été 2025. Bien que certaines personnes ne soient jamais admissibles (comme les travailleurs autonomes) et que d’autres finissent par épuiser leurs prestations, une partie importante des chômeurs ne satisfait pas à l’exigence d’avoir travaillé entre 420 et 700 heures assurables avant d’avoir été licenciés. La recherche montre que les nouveaux arrivants sur le marché du travail et les travailleurs intermittents ou à temps partiel échouent souvent à atteindre ce seuil (Chejfec, 2025b ; Groupe de travail de l’IRPP, 2022a).
Même pour les travailleurs admissibles, l’aide n’est pas toujours suffisante. L’assurance-emploi remplace environ 55 % des revenus jusqu’à un montant maximal qui était de 695 $ par semaine en 2025 et de 729 $ par semaine en janvier 2026 (Gouvernement du Canada, s. d.-a). Pour une famille à faible revenu vivant dans un centre urbain, une communauté isolée où le coût de la vie est élevé, ou encore un ménage où plusieurs personnes sont affectées, ce montant peut être insuffisant pour couvrir les besoins de base. Bien qu’il existe un supplément familial pour les ménages à faible revenu, le seuil d’admissibilité et les prestations qui en découlent sont faibles : le revenu familial combiné doit être inférieur à 25 921 $ et la prestation supplémentaire peut varier de quelques cents à environ 90 $ par semaine, selon le revenu et le nombre d’enfants (Règlement sur l’assurance-emploi, DORS/2010-10).
La conception même du programme crée également un vide pour les travailleurs non traditionnels. Les travailleurs autonomes, y compris les entrepreneurs, les propriétaires d’entreprises constituées en société et les travailleurs à la tâche ne sont pas admissibles aux prestations d’AE. De plus, puisque les prestations ne sont versées qu’après un licenciement, les travailleurs touchés indirectement, par exemple ceux qui font face à une réduction de leurs heures de travail ou à un ralentissement des activités de leurs fournisseurs, n’ont souvent pas de chemin tracé vers de l’aide.
Le programme de Travail partagé de l’AE est une solution proactive conçue pour remédier à ce problème. Il aide les entreprises touchées à éviter les licenciements en subventionnant une partie du revenu des travailleurs pendant un ralentissement. Cependant, le recours à ce programme reste faible, en grande partie en raison du manque de sensibilisation des entreprises concernées (EDSC, 2024).
Il peut également être plus difficile d’accéder à l’assurance-emploi dans les communautés rurales et autochtones, où les services limités et la mauvaise connectivité compliquent le dépôt et le suivi des demandes. Une évaluation réalisée en 2019 par Service Canada a révélé que les Autochtones, les immigrants, les personnes vivant dans des zones rurales et éloignées ainsi que celles qui présentent un faible niveau d’alphabétisation, de littératie dans une langue officielle, de revenus ou d’éducation ont plus de difficultés à accéder aux services et à l’information. Ces difficultés découlent d’obstacles numériques, tels que l’accès limité à Internet et le faible niveau de maîtrise de l’informatique, mais aussi d’autres barrières, comme des limitations physiques et cognitives, ou encore d’expériences historiques et culturelles négatives (ESDC, 2019).
En réponse aux droits de douane imposés par les États-Unis en 2025, le gouvernement fédéral a mis en place une série de mesures temporaires : suppression du délai de carence, suspension de la déduction des indemnités de licenciement, réduction du nombre d’heures requis pour avoir droit aux prestations, prolongation des accords de travail partagé et octroi de semaines de prestations supplémentaires à certains travailleurs de longue date (Gouvernement du Canada, s. d.-b). Bien que leur effet réel sur l’ensemble de l’économie soit difficile à discerner, ces changements ad hoc ont allégé la pression à court terme pour les travailleurs admissibles (Chejfec, 2025).
Cependant, tout comme les mesures prises en réaction à la pandémie et aux chocs précédents, ces mesures sont intrinsèquement réactives. Les communautés ne peuvent pas compter sur des interventions gouvernementales ad hoc à chaque crise : elles ont besoin de mécanismes permanents capables d’apporter un soutien à l’ensemble de la communauté en cas de fermetures importantes ou de licenciements collectifs.
Un programme d’AE sain et modernisé demeure un fondement essentiel du soutien au revenu. Dans sa conception actuelle, il ne peut à lui seul atteindre toutes les personnes qui ont besoin d’aide ni stabiliser des communautés entières.
Au-delà de l’AE, l’aide sociale provinciale offre un filet de sécurité minimal. Le montant des prestations est souvent inférieur au seuil de pauvreté (Laidley et Oliveira, 2025 ; Petit, 2024). Par sa conception, l’aide sociale, puisqu’elle est liée à une évaluation du revenu des demandeurs, soutient les adultes en âge de travailler qui présentent un revenu chroniquement faible et des besoins financiers à long terme (Forget et Frankel, 2024). Lors de fermetures importantes et de licenciements collectifs, les seuils d’admissibilité pour les ressources et les revenus peuvent retarder l’admissibilité des prestations jusqu’à l’épuisement des économies (Laidley et Oliveira, 2025). Lorsque l’aide sociale finit par arriver, les personnes peuvent déjà être en retard dans leurs paiements et faire face à d’autres problèmes liés à leur ménage. Des études transnationales montrent que l’aide sociale est souvent un élément sous-développé des politiques de transition juste, malgré son importance pour amortir les répercussions des grands chocs économiques sur les ménages (Krawchenko et Gordon, 2021).
D’autres prestations fédérales effectuées par l’entremise du système fiscal, notamment le crédit pour la TPS/TVH, l’Allocation canadienne pour enfants et l’Allocation canadienne pour les travailleurs, fournissent un soutien important et continu aux ménages à faible et modeste revenu. Cependant, leurs prestations sont soit restreintes, soit destinées à des groupes particuliers, soit versées selon un calendrier fixe et généralement calculées en fonction des revenus de l’année précédente (Petit, 2024). Par conséquent, leur capacité à offrir du soutien rapidement ou à grande échelle en cas de fermetures importantes ou de licenciements collectifs est limitée.
Les outils dont dispose le Canada pour répondre aux licenciements collectifs et aux fermetures majeures ou importantes sont cloisonnés, réactifs et axés sur les travailleurs et les employeurs directement touchés. Une approche plus proactive et globale peut offrir un soutien immédiat et une viabilité financière à plus long terme aux communautés confrontées à des chocs économiques majeurs.
Les recommandations suivantes proposent une approche coordonnée :
Ensemble, ces recommandations forment un cadre de soutien à trois niveaux. Les accords de transformation communautaire établiraient une fondation à plus long terme pour les communautés exposées, les centres de soutien communautaire à intervention rapide apporteraient une aide immédiate et concrète aux personnes touchées par des licenciements et des fermetures importantes, et une aide financière ciblée serait accordée en cas de difficultés financières graves dans une communauté. Des déclencheurs précis activeraient chacune de ces mesures afin qu’elles correspondent à différents niveaux de besoins dans la communauté (voir figure 6).
Il peut être difficile d’harmoniser les mesures prises par différents ordres de gouvernement. L’établissement préalable de rôles clairs, assortis de protocoles et de déclencheurs, peut réduire les retards et garantir la mise en place d’un soutien complet en cas de choc. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient également s’entendre à l’avance quant au partage des coûts afin de clarifier les rôles et le financement nécessaires à la préparation et au maintien des capacités. De tels accords devraient, par exemple, définir la manière dont les coûts seront partagés lorsque les mesures de soutien seront activées. Des démarches similaires existent dans les Accords sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, les Accords d’aide financière en cas de catastrophe et le Programme d’infrastructure Investir dans le Canada (Gouvernement du Canada, 2025 ; Logement, Infrastructure et Collectivités Canada, 2025 ; Sécurité publique du Canada, 2025). Une telle approche peut favoriser un financement plus prévisible et limiter les négociations ad hoc après un choc.
Les accords de transformation communautaire pourraient coordonner les mesures de soutien et les investissements à tous les niveaux de gouvernement. Créés en partenariat avec chaque communauté, ces accords à long terme et adaptés au contexte local répondraient aux défis auxquels sont confrontées les communautés en pleine transformation économique (voir encadré 2). Ils définiraient clairement les rôles, les responsabilités et les délais, et veilleraient à ce que l’aide ne se limite pas qu’aux travailleurs et aux entreprises, mais qu’elle s’étende à l’ensemble de la communauté et qu’elle renforce sa résilience à long terme. Les accords de transition juste de l’Espagne constituent un exemple international d’accords volontaires et locaux qui fonctionnent (Yassin, Jackson et Male, 2025).
La Première Nation Chipewyan d’Athabasca nous en donne un exemple ici. En 2023, la nation a recommandé la mise en place d’accords de planification de la carboneutralité afin de créer des emplois plus durables dans le cadre de la transition verte, grâce à une relation de nation à nation et de gouvernement à gouvernement. Ces accords s’inspirent des accords de conservation utilisés dans le cadre de la Loi sur les espèces en péril, et par lesquels les communautés collaborent avec les gouvernements pour atteindre des objectifs communs (Fung, 2023).
Les gouvernements devraient travailler avec les communautés très exposées bien avant qu’un choc ne survienne. Pour identifier ces communautés, les gouvernements pourraient utiliser des outils tels que la méthodologie de l’IRPP qui leur permettrait de recenser, par exemple, les 2 % des communautés les plus exposées aux perturbations du marché de l’emploi liées à la transition énergétique (Chejfec et al., 2025). Si une communauté subissait une fermeture importante ou un licenciement collectif sans qu’un accord n’ait été mis en place, elle devrait tout de même pouvoir choisir d’en conclure un à ce moment.
Les accords seraient conçus et gérés conjointement par les gouvernements et les communautés autochtones, les gouvernements provinciaux et territoriaux, les dirigeants municipaux, les ministères fédéraux, les partenaires industriels, les représentants syndicaux et les organismes communautaires. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux soutiendraient les accords en les finançant et en alignant leurs départements, ministères et programmes concernés dans le cadre de leurs mandats respectifs. Les provinces et les territoires pourraient superviser les accords.
Les partenaires locaux et autochtones, grâce à des ressources et à un soutien exclusif, élaboreraient conjointement les priorités et la mise en œuvre. Les Sociétés d’aide au développement des collectivités (SADC), dotées d’un mandat élargi et des ressources nécessaires, pourraient réunir les partenaires et coordonner le processus (Jackson et al., 2025). Les agences de développement régional pourraient travailler avec les ministères provinciaux, territoriaux et fédéraux afin d’harmoniser les engagements en matière d’emploi, de soutien, d’investissement et de développement économique. Un modèle standard d’accord pourrait accélérer leur mise en place et aider la coordination des partenaires avec les différents niveaux de gouvernement, tout en permettant d’adapter les mesures d’aide aux besoins locaux.
Chaque accord serait adapté à sa communauté et guidé par les atouts, les besoins et les débouchés locaux, tout en s’appuyant sur des mesures de soutien communes. Les éléments typiques comprendraient :
Les accords devraient définir les rôles et les responsabilités de chaque niveau de gouvernement et des acteurs locaux. Ils devraient également comprendre une chronologie de mise en œuvre, des résultats mesurables et un calendrier de révisions et de mises à jour régulières.
Les pratiques internationales et les analyses comparatives montrent que les partenariats locaux codirigés et axés sur le lieu sont essentiels. Par exemple, les accords de transition juste en Espagne montrent comment des accords optionnels, axés sur le lieu et cogérés permettent de garantir des ressources stables, de coordonner la gouvernance et d’assurer le soutien aux travailleurs, tout en laissant la conception des partenariats entre les mains des communautés (Yassin, Jackson et Male, 2025).
Grâce à une gouvernance claire, un financement durable et une planification sociale et économique coordonnée, ces partenariats sont essentiels à une transition réussie et équitable (Yassin et Jackson, 2025).
Les centres de soutien communautaire à intervention rapide serviraient de guichet unique pour les mesures d’aide communautaires pendant et immédiatement après des événements comme une fermeture majeure ou un licenciement collectif. De tels centres pourraient contribuer à briser le cloisonnement des mesures de soutien actuelles, facilitant ainsi l’accès à l’aide pour les travailleurs et les communautés. Lorsqu’un accord de transformation communautaire serait déjà en place, les centres constitueraient le bras opérationnel qui active et met en œuvre les mesures d’intervention rapide après une fermeture importante ou un licenciement collectif. En l’absence d’accord, les centres fourniraient un soutien immédiat et pourraient aider à mettre en place une planification à plus long terme.
Les centres seraient financés par un fonds de transformation communautaire, créé par le gouvernement fédéral en partenariat avec les provinces et les territoires. Ce fonds pourrait être utilisé pour créer des centres locaux dans les provinces et les territoires où il n’en existe pas. Il pourrait également permettre d’élargir la portée, la capacité et les ressources de provinces comme la Colombie-Britannique et l’Ontario, qui offrent déjà des services comparables.
Les centres de soutien communautaire à intervention rapide devraient être inclus dans les prochaines moutures du Plan d’action pour des emplois durables du gouvernement fédéral (mis à jour tous les cinq ans) en tant que mécanisme central permettant de lier les mesures rapides de soutien communautaire aux initiatives locales et régionales. Ces centres garantiraient également que l’aide immédiate complète les stratégies de transformation à long terme de la main-d’œuvre (IRPP, 2025f).
Les provinces et les territoires en collaboration avec les municipalités, les gouvernements autochtones et les partenaires communautaires locaux (y compris les SADC financées par le gouvernement fédéral) puiseraient dans le fonds de transformation communautaire pour mettre en place les centres d’intervention rapide. Les gouvernements coordonneraient le financement afin de fournir conjointement les mesures d’aide choisies par les communautés en fonction de leurs besoins et priorités.
Afin de maintenir leur capacité d’intervention et d’agir rapidement, les gouvernements devraient utiliser le fonds pour mettre en place les éléments essentiels à la rapidité et à la cohérence. Cela inclut notamment des accords-cadres et des protocoles, un menu de services et de mesures de soutien ainsi que des listes de personnel, pour que tous ces éléments puissent être déployés en cas d’urgence. Le menu serait un ensemble prédéfini de services de soutien et de mesures d’aide. Les centres, lorsqu’ils seraient activés, pourraient y recourir et les adapter aux besoins particuliers découlant d’une fermeture majeure ou d’un licenciement collectif touchant la communauté. Les listes comprendraient du personnel et des prestataires de services qui pourraient être mobilisés rapidement lorsqu’un centre est activé. Les gouvernements mettraient également en place des exemptions temporaires de recouvrement des prestations afin de garantir que les mesures de soutien communautaire d’intervention rapide ne réduisent pas ou n’empêchent pas l’accès à d’autres prestations ou à l’aide sociale, auxquelles les personnes ou les ménages pourraient autrement avoir droit. Une fois ces éléments essentiels en place, les centres pourraient se mobiliser en quelques jours et se brancher aux services fédéraux, provinciaux, territoriaux et communautaires existants.
Les provinces et les territoires pourraient ajouter les services des centres à leurs systèmes, permettant ainsi une intégration directe avec les systèmes existants de formation professionnelle, de développement économique et de services sociaux. Ils pourraient nommer une unité de coordination afin d’harmoniser les efforts avec les partenaires fédéraux, municipaux, autochtones et autres partenaires locaux, comme dans le cadre de l’approche des services de transition communautaire de la Colombie-Britannique (Gouvernement de la Colombie-Britannique, 2025). Les SADC, les municipalités, les gouvernements autochtones, les établissements d’enseignement, les syndicats et d’autres partenaires locaux pourraient codiriger les efforts sur le terrain en réunissant les acteurs et en alignant les mesures d’aide sur les plans de développement économique communautaire dans les collectivités exposées. L’IRPP a précédemment recommandé d’élargir le mandat des SADC et d’augmenter leurs ressources financières. Grâce à cet élargissement, elles seraient davantage en mesure de soutenir la planification stratégique et d’harmoniser le développement économique et le développement des compétences à l’échelle locale dans les communautés exposées (Jackson et al., 2025; Samson et al., 2025).
En cas de fermeture importante ou de licenciement collectif, les provinces ou les territoires prendraient l’initiative de contacter les communautés touchées afin de leur offrir un soutien communautaire rapide, selon une approche semblable au modèle des services de transition communautaire de la Colombie-Britannique (Gouvernement de la Colombie-Britannique, 2025). Les dirigeants locaux pourraient alors évaluer les besoins de la communauté et demander de l’aide s’ils le souhaitent. Les provinces et les territoires ainsi que les agences de développement régional surveilleraient et confirmeraient les événements déclencheurs, avec l’aide d’une infrastructure de données partagée. Les centres devraient ainsi s’activer automatiquement dès que des critères transparents et objectifs seraient remplis, évitant ainsi les modèles lents et rétroactifs. Cela devrait déclencher le financement et le soutien en personnel nécessaires pour mettre rapidement en place des services, selon des protocoles préétablis. Lorsque les critères ne seraient pas précisément satisfaits ou que les données seraient incertaines, les communautés pourraient demander l’activation par l’entremise d’un processus simplifié.
Un événement déclencheur pourrait être la fermeture prévue ou annoncée d’un établissement d’importance qui toucherait une proportion notable (par exemple, 5 %) de la main-d’œuvre de la communauté dans un court laps de temps. Ce seuil d’activation devrait inclure les travailleurs et les entreprises directement et indirectement touchés.
Tous les paliers de gouvernements devraient collaborer pour établir des seuils clairs qui reflètent les structures du marché du travail local, la taille de la population et la disponibilité des données. Cette approche pourrait être soutenue par des données locales granulaires et actualisées, avec des définitions normalisées, centralisées dans un lieu unique, comme le Centre canadien de transformation communautaire proposé (Samson et al., 2025). Ce type de répertoire simplifierait l’accès et la communication des informations.
Les centres de soutien communautaire à intervention rapide que nous proposons accorderaient la priorité à l’aide aux travailleurs et aux employeurs déplacés. Ils apporteraient également une aide aux ménages, aux entreprises locales et aux institutions communautaires indirectement touchés par une fermeture majeure ou un licenciement collectif en raison des répercussions sur les fournisseurs, les services, les recettes municipales et le logement. S’inspirant du modèle des services de transition communautaire de la Colombie-Britannique, une approche par étapes pourrait commencer par les besoins des travailleurs, puis se tourner vers les entrepreneurs et l’écosystème commercial, et enfin cibler les services communautaires. Ces phases garantiraient que les effets en cascade seraient traités de manière systématique et que l’ensemble de la communauté serait stabilisé (Gouvernement de la Colombie-Britannique, 2025).
Les centres offriraient un ensemble de mesures de soutien fondées sur une gamme de services adaptés aux besoins de chaque événement et coordonnés entre les partenaires fédéraux, provinciaux, territoriaux, autochtones et municipaux. Les services pourraient inclure des séances d’information préalables, des évaluations individuelles et personnalisées des besoins, et des salons du bien-être pour cerner les besoins en matière de santé mentale, de toxicomanie, de conseils financiers et de questions juridiques ou locatives. Le personnel pourrait aider les utilisateurs à accéder à l’assurance-emploi, à d’autres aides au revenu à long terme et aux services provinciaux d’emploi et de formation. Il pourrait également les orienter rapidement vers des services de logement ou communautaires.
Afin d’éliminer les obstacles immédiats pour les travailleurs à la recherche d’un nouvel emploi, les centres pourraient gérer un petit fonds discrétionnaire pour les coûts immédiats, comme la garde d’enfants et le transport vers les lieux de formation ou d’entretien. Ces fonds pourraient être gérés de pair avec ou par les communautés locales, les organismes à but non lucratif et les partenaires autochtones. Les centres resteraient actifs pendant la phase aiguë d’une fermeture majeure ou d’un licenciement collectif, mais ils pourraient demeurer ouverts plus longtemps dans les communautés isolées ou mono-industrielles.
Pour évaluer leur efficacité, les centres devraient publier un tableau de bord présentant une série d’indicateurs convenus au moment de leur activation et du choix des services offerts. Les résultats suivis pourraient comprendre le délai d’activation, le nombre d’orientations effectuées, les temps d’attente pour les services de santé mentale et de lutte contre les dépendances, et les arriérés évités.
Les partenaires devraient utiliser le tableau de bord pour permettre un apprentissage partagé, ajuster les mesures de soutien à mesure que les besoins évoluent et assurer une responsabilité publique claire. Ces indicateurs devraient, par exemple, guider les décisions comme le moment où les mesures de soutien seraient réduites, prolongées ou adaptées en fonction de l’évolution de la situation.
Les données et l’évaluation pourraient être transmises aux partenaires locaux si les communautés souhaitaient poursuivre des processus de transformation communautaire à plus long terme (IRPP, 2025f ; Samson et al., 2025). Les données recueillies à Taranaki, en Nouvelle-Zélande, montrent que l’élaboration conjointe de mesures avec les communautés peut garantir une approche collaborative déterminante pour le succès. Elle renforce également l’adhésion et la responsabilité en vue d’un suivi continu (Venture Taranaki, 2020).
Outre les perturbations causées par une perte importante d’emplois locaux, une communauté peut connaître des difficultés financières plus générales sur une courte période. Dans ces situations, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient fournir une aide financière ciblée et ponctuelle aux ménages, aux entreprises et aux organismes de services sociaux locaux. Cette recommandation complète le rôle des centres d’intervention rapide en ajoutant une aide lorsque les pressions financières sont importantes et qu’une stabilisation supplémentaire est nécessaire.
Cette mesure ne s’appliquerait qu’aux communautés les plus durement touchées. Les indicateurs de gravité pourraient, par exemple, inclure une forte baisse du prix médian des maisons sur une courte période, par exemple plus de 20 % en trois mois. L’élaboration des seuils nécessiterait des données locales détaillées et actualisées, avec des définitions normalisées, qui pourraient être centralisées par l’entremise d’un Centre canadien de transformation communautaire (Samson et al., 2025). Comme pour les autres déclencheurs, les gouvernements devraient assortir ces seuils d’une option de demande simplifiée lorsque les communautés seraient confrontées à des difficultés comparables sans toutefois atteindre les critères convenus.
Le programme d’aide financière pourrait être financé par le fonds de transformation communautaire et guidé par les besoins de la communauté. Il devrait comporter deux volets :
Ce programme devrait durer au moins 6 mois et être prolongé jusqu’à 12 mois si la reprise est lente. Il pourrait être progressivement supprimé à mesure que les indicateurs du marché du travail et de la demande de services s’amélioreraient, comme le chômage et les heures travaillées, les arriérés, les délais d’attente pour les services de santé mentale et l’utilisation des banques alimentaires.
Les centres de soutien communautaire à intervention rapide sont peut-être les mieux placés pour signaler les situations de détresse financière aiguë et conseiller les gouvernements sur les mesures d’aide temporaire à mettre en place. Par exemple, ils pourraient recommander d’accorder la priorité au financement à court terme destiné à la stabilisation des organismes locaux de santé mentale ou des banques alimentaires lorsque les demandes d’aide à ces services augmenteraient fortement dans une communauté à la suite d’une fermeture majeure.
Pour les communautés exposées en grande détresse, en particulier les communautés plus petites, plus éloignées et mono-industrielles, les gouvernements pourraient fournir une aide au revenu supplémentaire et ciblée. Cette aide pourrait prendre la forme d’une bonification des prestations de base, établie selon la région et versée séparément par l’Agence du revenu du Canada (ARC). L’ARC pourrait utiliser un mécanisme simple de prestations d’urgence qui s’appuierait sur l’expérience acquise lors de la mise en place de prestations à durée limitée à grande échelle, comme celles offertes pendant la pandémie de COVID-19 (ARC, 2025).
Afin de garantir un accès simple, rapide et équitable à l’ensemble de la communauté touchée, le supplément devrait être forfaitaire, temporaire et versé à tous les résidents qui peuvent justifier une perte de revenu importante. La prestation pourrait être versée pendant trois à six mois, puis diminuer progressivement à mesure que l’emploi et l’activité économique reprennent ou que les ménages parviennent à vendre leurs actifs. Les travailleurs qui reçoivent des indemnités de licenciement importantes ne seraient pas admissibles.
Les gouvernements pourraient déterminer l’admissibilité à cette aide supplémentaire en fonction du lieu de résidence dans la zone touchée, sur présentation de documents prouvant la perte de revenus. Cela éviterait aux résidents d’attendre le versement de prestations additionnelles après la production de leur déclaration de revenus. Ce supplément aux besoins de base comblerait les lacunes des autres soutiens au revenu à plus long terme, comme l’assurance-emploi, et garantirait de ne pas oublier les ménages touchés indirectement si la demande locale s’effondrait. Cela inclurait les ménages dont les travailleurs auraient vu leurs heures réduites, de même que les entrepreneurs, les travailleurs autonomes et les propriétaires de petites entreprises.
Afin d’éviter tout préjudice involontaire, le fonds de transformation communautaire devrait établir des accords préalables sur des exemptions temporaires de recouvrement des prestations. Ces accords garantiraient que le supplément ne serait pas considéré comme un revenu aux fins de l’aide sociale, des programmes pour personnes handicapées ou des logements à loyer indexé sur le revenu pendant la période de prestation.
Les perturbations résultant de licenciements collectifs et de fermetures importantes peuvent avoir des répercussions sur le tissu social et économique des communautés. Lorsque les populations et les régions sont déjà confrontées à des pressions socioéconomiques, ces chocs peuvent avoir des conséquences particulièrement graves.
Le système de soutien et les outils d’intervention existants au Canada ne sont pas conçus pour répondre à l’ampleur ou à la rapidité d’une perturbation à l’échelle communautaire. Ils s’avèrent insuffisants lorsque des fermetures importantes ou des licenciements collectifs ont des répercussions sur les économies locales, les services et les marchés du logement. Cette lacune doit être comblée.
En adoptant un cadre complet de mesures sociales, les gouvernements peuvent adapter leur réponse à la gravité des perturbations locales et à l’ampleur des besoins de la communauté. Ce cadre combine une planification proactive précoce dans les communautés exposées, des centres de soutien à intervention rapide après des fermetures importantes ainsi qu’un soutien financier ciblé et temporaire pour les communautés les plus touchées. Cette approche permet de mieux soutenir les communautés exposées dans le contexte d’une économie en mutation et de les aider à renforcer leur résilience à long terme.

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Cette note d’information est publiée dans le cadre du projet de recherche de l’IRPP Transformations communautaires. La révision du manuscrit original a été effectuée par Prasanthi Vasanthakumar, la coordination éditoriale par Étienne Tremblay, la correction d’épreuves par Anne-Laure Brun, la production par Chantal Létourneau, la direction artistique par Anne Tremblay.
Ce document a été traduit de l’anglais par Patrick Déry et est aussi disponible sous le titre original : Supporting Communities Through Layoffs and Business Closures: A Comprehensive Framework.
Shaimaa Yassin est directrice principale de la recherche à l’Institut de recherche en politiques publiques.
Abigail Jackson est associée de recherche principale à l’Institut de recherche en politiques publiques.
Dena Abtahi est associée de recherche à l’Institut de recherche en politiques publiques.
Ricardo Chejfec est directeur de recherche à l’Institut de recherche en politiques publiques.
Le projet Transformations communautaires est financé en partie par la Fondation McConnell et Vancity. Fermement attaché à son indépendance dans la conduite de ses recherches, l’IRPP conserve le plein contrôle éditorial de chacune de ses publications.
Pour citer ce document :
Yassin, S., Jackson, A., Abtahi, D. et Chejfec, R. (2026). Soutenir les communautés lors de licenciements et de fermetures d’entreprises : un cadre global. Institut de recherche en politiques publiques. https://doi.org/10.26070/6drw-1735
Les auteurs tiennent à remercier les nombreux experts qui ont relu cette note d’information et partagé de précieuses observations et commentaires, en particulier Rachel Samson, Tamara Krawchenko, Jim Stanford et Gillian Petit.
Des outils de programmation assistée par intelligence artificielle ont été utilisés pour faciliter la rédaction des scripts d’analyse des données des figures 3 et 4. Tous les codes ainsi que les résultats générés ont été vérifiés et testés par les auteurs, qui prennent l’entière responsabilité des conclusions présentées.
Cette note d’information a fait l’objet d’un examen rigoureux interne et externe par des pairs afin d’en assurer la rigueur scientifique et la pertinence politique. Les opinions exprimées dans ce document sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les points de vue des personnes consultées ou des membres du conseil d’administration de l’IRPP.
Pour plus de renseignements sur nos publications, veuillez nous contacter à l’adresse irpp@nullirpp.org. Pour recevoir l’infolettre mensuelle de l’IRPP par courriel, vous pouvez vous abonner directement sur le site Web à www.irpp.org/fr
Illustration : Auni Milne, Sumack Loft