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Un rapport de l’IRPP préconise une stratégie industrielle judicieuse pour relever les grands défis auxquels le Canada fait face

Montréal — Alors que le Canada est confronté à l’incertitude économique, à l’instabilité mondiale, à une crise du logement qui s’aggrave et à des menaces pour sa souveraineté, il est temps d’utiliser des outils de politique industrielle innovants pour stimuler les investissements du secteur privé dans des domaines prioritaires. Un nouveau rapport de l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), intitulé Construire l’avenir : Comment la politique industrielle peut renforcer l’économie et la souveraineté du Canada, démontre comment une stratégie industrielle judicieuse peut aider les gouvernements canadiens à aborder des défis sans précédent.

« La politique industrielle (c’est-à-dire l’orientation de l’activité économique par le gouvernement pour aborder une priorité publique) peut avoir un impact considérable lorsqu’elle est utilisée avec rigueur », a déclaré Rachel Samson, vice-présidente à la recherche à l’IRPP. « À l’heure actuelle, nos politiques industrielles sont fragmentées, ce qui limite leur capacité à produire des résultats. Mais grâce à une approche fondée sur une stratégie solide, une bonne gouvernance et une évaluation rigoureuse, les gouvernements peuvent renforcer plus efficacement l’économie et la souveraineté du Canada, qu’il s’agisse d’améliorer les capacités de la défense, de diversifier les chaînes d’approvisionnement ou de stimuler la construction de logements. »

Pour que la politique industrielle fonctionne mieux, l’IRPP recommande que le gouvernement fédéral :

  • Élabore une stratégie industrielle avec des priorités ou des missions claires et se concentre sur un petit nombre d’interventions à fort impact;
  • Identifie et élimine les obstacles à l’investissement privé;
  • Passe en revue les programmes existants et réaffecte les fonds à ceux qui correspondent aux priorités nationales;
  • Sélectionne et conçoive des politiques visant à promouvoir la réconciliation économique avec les Autochtones et favorise la pleine participation économique à travers le pays;
  • Crée un centre d’excellence sur les politiques industrielles afin d’orienter la conception et la mise en œuvre efficaces et efficientes des politiques;
  • Tire parti des capacités et de l’expertise d’institutions indépendantes telles que les sociétés d’État pour livrer des résultats.

Le rapport suggère aux gouvernements de mener une politique industrielle dans des domaines prioritaires clés : défense de la souveraineté canadienne; diversification du commerce; accélération de la construction de logements; adaptation de l’économie aux changements climatiques, à l’intelligence artificielle et à la transition énergétique; avancement de la réconciliation économique avec les Autochtones; et promotion d’une croissance plus inclusive et géographiquement répartie.

« Une approche judicieuse de la politique industrielle ne signifie pas de prendre des risques inutiles », explique Steve Lafleur, directeur de Recherche à l’IRPP. « Nous appelons à une planification minutieuse, à une communication ouverte avec le public et à une concentration totale sur les défis urgents que le secteur privé ne peut pas (ou ne veut pas) résoudre sans les incitations et les politiques de soutien appropriées. ».

« Les Canadiens ont raison d’attendre de la transparence et des résultats », poursuit M. Lafleur. « Mais nous ne pouvons pas laisser la prudence se transformer en inaction. Si nous concentrons nos efforts, tirons les leçons du passé et travaillons ensemble, nous avons une réelle occasion de saisir ce moment unique de notre histoire pour entamer la construction d’un avenir plus fort et plus sûr. »

Un groupe de pilotage composé de six membres a guidé le projet de politique industrielle de l’IRPP au cours des deux dernières années. Le groupe a recueilli les points de vue de plus de 100 experts issus du monde universitaire, gouvernemental, d’organisations à but non lucratif, d’entreprises, de syndicats et d’organisations autochtones.


MÉDIAS :

Tim Duboyce
514-604-9282 • tduboyce@nullirpp.org

Le développement des compétences axé sur le lieu est essentiel à la résilience des communautés

Montréal — Une nouvelle étude de l’Institut de recherche en politiques publiques recommande une approche de développement des compétences basée sur le lieu, proactive, flexible, adaptée aux défis et possibilités de chaque région et qui favoriserait la résilience face aux changements économiques.

Cette note d’information écrite par les chercheurs de l’IRPP Abigail Jackson, Rachel Samson et Ricardo Chejfec met en lumière les défis auxquels font face les communautés canadiennes exposées aux droits de douane, à la transition énergétique et au développement de projets majeurs. Ces types de perturbations économiques peuvent être particulièrement difficiles pour les communautés autochtones, rurales et isolées, qui ont plus de mal à attirer des travailleurs qualifiés et à accéder à des possibilités de formation.

« Les travailleurs hésitent naturellement à investir dans la formation, à moins que celle-ci ne soit clairement liée à une occasion d’emploi », explique Rachel Samson, vice-présidente à la recherche à l’IRPP. « Et bien que les employeurs et les gouvernements proposent des programmes pour combler certaines lacunes, ces efforts sont souvent fragmentés, lents à s’adapter aux changements ou trop limités pour répondre aux besoins des travailleurs dans la communauté. »

Les recherches de l’IRPP mettent en évidence un décalage important entre la planification du développement économique et la formation professionnelle locale. Ce décalage a entraîné des occasions manquées tant pour les communautés que pour les entreprises. Pour y remédier, l’IRPP recommande aux gouvernements d’adopter une approche plus localisée et mieux coordonnée en matière de développement de la main-d’œuvre.

Les principales recommandations de la note d’orientation sont les suivantes :

  • Financement flexible pour les programmes locaux de développement des compétences :Les gouvernements à tous les niveaux devraient offrir un financement flexible permettant à un large éventail d’organisations locales de proposer des initiatives de formation innovantes, menées par la communauté et alignées sur les plans de développement économique locaux.
  • Amélioration de la coordination par l’intermédiaire du Réseau de développement des collectivités du Canada :Ces organismes financés par le gouvernement fédéral, en collaboration avec les agences régionales de développement économique, devraient être renforcés. Leur mandat pourrait être élargi et leurs ressources augmentées, en coordination avec le développement économique local et le développement des compétences déjà en place. Cela pourrait améliorer la coopération et la communication entre les principaux acteurs.
  • Planification précoce et partenariats pour les grands projets :Les gouvernements à tous les niveaux devraient faciliter de manière proactive les partenariats entre les employeurs, les établissements d’enseignement et les groupes communautaires afin de garantir que les travailleurs locaux puissent accéder à une formation leur permettant de tirer parti des grands projets à venir, en particulier dans les régions rurales et isolées.

« La capacité d’adaptation du Canada dépend de la force et de la résilience de sa main-d’œuvre », affirme Mme Samson. « Cela signifie qu’il faut investir dans les gens là où ils se trouvent et veiller à ce que le développement des compétences soit adapté aux réalités locales. »

L’IA générative pourrait modifier les emplois au Canada, pas seulement les remplacer

Montréal — Une nouvelle étude de l’IRPP explore l’impact potentiel de l’intelligence artificielle générative sur la main-d’œuvre canadienne au cours des cinq prochaines années. Certaines tâches peuvent être à risque sans qu’un poste en entier soit appelé à disparaître. En fait, avec le bon soutien et de la panification, de nombreux emplois pourraient bénéficier de l’IA.

À l’aide de ChatGPT et de la base de données du Système d’information sur les professions et les compétences du gouvernement fédéral, les auteurs de l’étude, Matthias Oschinski et Ruhani Walia, ont évalué la capacité technique de l’IA générative à effectuer différentes tâches. Leurs conclusions suggèrent que ce n’est pas parce que l’IA peut accomplir une tâche qu’elle va nécessairement remplacer un emploi en entier.

« L’impact de l’IA sur le travail dépend de bien plus que la technologie elle-même. Les entreprises ont également besoin d’infrastructures adaptées, de capitaux, d’autorisations légales et d’une capacité à aller de l’avant au sein de l’organisation. Cela signifie que de nombreux emplois ne sont menacés que si ces autres éléments sont réunis », explique M. Oschinski.

L’étude a identifié trois grandes tendances :

  • Ce sont certaines tâches qui sont à risque, pas des emplois en entier : Les tâches de bureau et de traitement de données présentent le plus grand risque d’automatisation, mais il est peu probable que l’IA se substitue à la totalité de ses emplois. Elle risque plutôt de changer comment le travail est fait.
  • Certaines compétences sont moins menacées : Les emplois qui reposent sur les relations interpersonnelles, comme l’enseignement, les soins ou les postes de direction sont beaucoup moins à risque d’être automatisés et pourraient même bénéficier des outils d’IA.
  • L’impact potentiel varie par région et par industrie : Certaine régions, comme les territoires nordiques et certaines industries, comme le transport et l’entreposage, pourraient connaître des perturbations. D’autres, comme l’éducation, sont plus à l’abri.

Les auteurs invitent les gouvernements et les employeurs à adopter une approche proactive. Pour tirer le meilleur parti de l’IA – et pour protéger les emplois – ils recommandent des investissements ciblés dans l’acquisition de compétences, en particulier pour les capacités que l’IA ne peut pas reproduire, comme la résolution de problèmes, la collaboration et les tâches de direction d’employés. Ils recommandent également aux gouvernements de tenir compte des différences régionales dans les stratégies de main-d’œuvre et d’investir dans les données et l’infrastructure nécessaires pour tirer le meilleur parti de cette technologie en évolution rapide.

« L’IA générative pourrait être un outil puissant pour améliorer la productivité du Canada. Mais elle ne s’implantera pas toute seule. Nous avons besoin d’une action coordonnée pour former la main-d’œuvre adéquate et veiller à ce que les avantages soient partagés », ajoute Mme Walia.

Une nouvelle étude de l’IRPP identifie les communautés les plus susceptibles d’être touchées par les perturbations commerciales

Montréal – Alors que les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis continuent de s’intensifier, des chercheurs de l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) ont dévoilé une série de tableaux de bord interactifs permettant de déterminer dans quelle mesure la main-d’œuvre des communautés du Canada dépend des exportations américaines.

Les tableaux de bord sont destinés aux décideurs politiques, aux organisations de développement économique, aux chefs d’entreprise et aux habitants qui souhaitent évaluer les risques et les atouts d’une communauté face à d’éventuels droits de douane imposés par les États-Unis.

« La dépendance du Canada à l’égard du marché américain a rendu certaines communautés vulnérables à l’évolution des politiques commerciales, notamment aux droits de douane et aux mesures protectionnistes », explique Rachel Samson, vice-présidente de la recherche à l’IRPP. « Nos tableaux de bord peuvent aider à identifier les communautés qui pourraient être confrontées à des difficultés si des droits de douane étaient appliqués aux secteurs dont elles dépendent, ce qui permet aux gouvernements de travailler avec une communauté pour planifier des réponses efficaces.

Les tableaux de bord interactifs permettent :

  • D’identifier la part de la main-d’œuvre locale qui dépend des industries exportant des biens vers les É.-U.
  • De comparer les niveaux d’exposition par industrie, d’une communauté, d’une province et d’un territoire à l’autre.
  • De développer des stratégies informées pour soutenir les travailleurs affectés, pour réduire la vulnérabilité et pour améliorer la résilience.

« Cet outil fournit un aperçu détaillé de la manière dont la politique commerciale américaine pourrait affecter les travailleurs canadiens au niveau local », a déclaré Ricardo Chejfec, analyste principal des données de l’IRPP.

« En rendant ces données accessibles, nous visons à soutenir l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes qui renforcent la résilience économique, poursuit-il. Les gouvernements peuvent utiliser ces informations pour élaborer des programmes qui atténuent le choc des tarifs douaniers et pour aider les communautés à diversifier leurs économies et à réduire leur niveau d’exposition. »

Les utilisateurs peuvent explorer les ventilations régionales de la dépendance de la main-d’œuvre à l’égard des exportations américaines, les vulnérabilités spécifiques à chaque type d’industrie et les données qui peuvent éclairer la planification d’entreprise et des politiques publiques.

Pour les contacts médias ou pour organiser une entrevue avec les chercheurs de l’IRPP qui ont élaboré la carte, veuillez contacter Cléa Desjardins, directrice des communications de l’IRPP, à l’adresse cdesjardins@nullirpp.org ou au 514 245-2139.

Un expert de l’IRPP est disponible pour commenter les cinq ans de la pandémie.

MONTRÉAL – À l’occasion du cinquième anniversaire du début de la pandémie de COVID-19, l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) souhaite mettre en lumière le travail et les analyses effectués par son Centre d’excellence sur la fédération canadienne, qui a suivi de près l’évolution des politiques publiques en réponse à cette crise sans précédent.

Charles Breton, directeur du Centre, est disponible pour commenter et analyser :

  • La gouvernance de crise : Comment les différentes juridictions ont géré la pandémie et les défis de coordination entre Ottawa et les provinces.
  • L’opinion publique et la confiance dans les institutions : L’impact de la crise sur la perception des Canadiens à l’égard des gouvernements.
  • Les institutions postpandémiques : Comment les provinces canadiennes et le gouvernement fédéral se sont adaptés, quelles réformes ont été mises de l’avant et ce qu’il reste à faire.

Depuis 2020, le Centre d’excellence et son directeur, Charles Breton, ont publié de nombreuses analyses sur la coordination fédérale-provinciale, l’évolution des mesures sanitaires et les leçons à tirer pour renforcer la résilience des institutions canadiennes face aux crises futures.

Le Centre a entre autres développé l’Indice de sévérité des mesures sanitaires, utilisé depuis dans de nombreuses recherches scientifiques, et publié le rapport Institutions résilientes : Apprendre de la pandémie de COVID-19 au Canada, un des seuls rapports posant un regard pancanadien sur la réponse pandémique.

À l’occasion de cet anniversaire, l’IRPP invite les journalistes et les chercheurs à consulter ses analyses et à explorer leurs implications pour les politiques publiques de demain.


Médias : Pour toute demande d’entrevue avec Charles Breton, veuillez contacter :
Cléa Desjardins
Directrice des communications, Institut de recherche en politiques publiques
514 245-2139 – cdesjardins@nullirpp.org.

À propos du Centre

Le Centre d’excellence sur la fédération canadienne est une initiative de recherche permanente de l’Institut de recherche en politiques publiques qui a pour objectif d’approfondir la compréhension du Canada en tant que communauté fédérale. Pour plus d’informations, visitez centre.irpp.org/fr/.

Les experts de l’IRPP sont disponibles pour commenter la potentielle guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis

Les experts de l’Institut de recherche en politiques publiques sont disponibles pour fournir des commentaires et des analyses sur les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, ainsi que sur les implications pour notre sécurité sociale et économique.

Experts disponibles :

  • Jennifer Ditchburn, Présidente et chef de la direction – À même d’offrir une vue d’ensemble sur les questions économiques, sociales et de gouvernance pour le Canada et sur l’intersection entre les différents domaines de politiques publiques concernés.
  • Rachel Samson, Vice-présidente à la recherche – Spécialiste des politiques économiques et chercheuse en politiques publiques. Aperçu des stratégies de réponse aux droits de douane, y compris la politique commerciale, la politique d’innovation, le soutien aux entreprises et aux travailleurs, l’assurance-emploi et l’aide au revenu.
  • Charles Breton, Directeur, Centre d’excellence sur la fédération canadienne – Politologue spécialisé dans le fédéralisme canadien et la gouvernance. À même d’analyser l’effet possible des tensions commerciales sur les économies provinciales et les relations intergouvernementales.
  • Steve Lafleur, Directeur de recherche – Analyste de politiques publiques spécialisé dans les politiques économiques. À même de fournir des commentaires à propos du soutien gouvernemental aux entreprises et aux industries affectées par les tarifs et des moyens de rendre l’économie canadienne plus résiliente.
  • Shaimaa Yassin, Directrice de recherche –Économiste spécialisé dans les politiques sociales et les enjeux d’abordabilité. À même d’offrir des commentaires sur l’aide au revenu pour les ménages à faible revenu.
  • Ricardo Chejfec, Analyste principal des données – Chercheur en politiques publiques. Perspectives fondées sur des données au sujet des perturbations commerciales et de leurs effets possibles sur les communautés et les travailleurs canadiens, ainsi que la réforme de l’assurance-emploi.

Contact média :
Cléa Desjardins
Directrice des communications, IRPP
cdesjardins@nullirpp.org | 514 245-2139

Relire le rapport Séguin : le réexamen d’un jalon du fédéralisme fiscal

Montréal – Deux décennies après la Commission sur le déséquilibre fiscal commandée par le gouvernement du Québec, l’Institut de recherche en politiques publiques offre une relecture de son document final, le rapport Séguin, pour voir comment l’approche canadienne du fédéralisme fiscal a évolué depuis.

L’ancien membre du secrétariat de la Commission, économiste et professeur, Marcelin Joanis, revisite le contexte politique qui avait conduit le Québec à mener un tel exercice. Dans cette nouvelle étude du Centre d’excellence sur la fédération canadienne, l’auteur montre qu’en dépit d’une situation financière qui a bien changé à Ottawa depuis 2002, l’essentiel des recommandations de la Commission mériterait encore aujourd’hui de se trouver sur les feuilles de route gouvernementales.

En ligne directe avec les débats constitutionnels des années 1990, la Commission Séguin offrait des pistes pour une réforme du fédéralisme fiscal canadien après la défaite référendaire de 1995. Mais loin de revoir les arrangements fiscaux dans le sens des recommandations de la Commission, le gouvernement fédéral a adopté progressivement des mesures visant à rendre les transferts fédéraux prévisibles de son point de vue. Les finances publiques reflètent aujourd’hui les conséquences de ce chapitre fermé trop tôt qui aurait pu conduire à plus d’équité, d’efficacité et d’obligation redditionnelle non seulement pour le Québec, mais pour les autres provinces et territoires.

« Le rapport Séguin a précisé la notion de déséquilibre fiscal et les enjeux majeurs qui en découlent, comme l’utilisation fédérale du pouvoir de dépenser. Certains changements ont certes été faits, comme des modifications à la formule de péréquation, mais des recommandations clés sont restées lettre morte. Aujourd’hui, les dépenses des provinces ne cessent d’augmenter, notamment en santé, sans que les transferts fédéraux n’en tiennent réellement compte », explique M. Joanis.

Le directeur du Centre d’excellence, Charles Breton, souligne comment cette nouvelle étude tombe à point : « Les problèmes soulevés par le rapport Séguin sont plus que jamais d’actualité. Les provinces assument des coûts toujours plus grands pour la santé et l’éducation, alors que les arrangements fiscaux n’ont pas suivi la cadence. Notre étude montre qu’il faut poursuivre la recherche d’accords équitables qui permettent une meilleure collaboration entre les différents niveaux de gouvernement. »

Relever les défis fiscaux d’aujourd’hui

M. Joanis soulève des questions centrales de l’avenir fiscal canadien et qui mériteraient des réponses si un exercice similaire à la Commission Séguin était mis en place :

  • Les accords fiscaux devraient-ils tenir compte de l’hétérogénéité des besoins des provinces en matière de dépenses, plutôt que de la seule taille de leurs populations ?
  • Comment mieux intégrer à l’analyse les enjeux liés aux revenus provenant de l’exploitation des ressources naturelles ?
  • Comment inclure explicitement les gouvernements provinciaux, territoriaux et autochtones de tout le pays au processus de décisions ?

« Le déséquilibre fiscal n’est pas juste une question pécuniaire, c’est un frein qui empêche les provinces de remplir leurs responsabilités envers leurs citoyens. Mon étude montre qu’il faut mener dès aujourd’hui un nouvel examen de toutes les dimensions du fédéralisme fiscal canadien », explique M. Joanis.

Appel à un dialogue structuré

Cette nouvelle étude recommande entre autres d’organiser régulièrement un forum de discussion structuré afin d’aborder les enjeux fiscaux.

« Ces arrangements sont trop importants pour être négociés sporadiquement derrière des portes closes. Un dialogue continu aiderait les gouvernements à s’adapter aux réalités changeantes et à traiter tous les Canadiens de manière équitable », explique M. Breton.

La Commission Séguin représente une grande source d’inspiration et mérite encore toute notre attention. Elle peut servir de point de départ pour mener une nouvelle réflexion dans le même esprit sur le fédéralisme fiscal canadien.

Un nouveau projet de recherche novateur invite les gouvernements à aider les petites communautés rurales canadiennes les plus exposées aux perturbations économiques.

Montréal – Dix pour cent des Canadiens vivent dans des communautés dont la main-d’œuvre est exposée à des perturbations dans les années à venir en raison des efforts nationaux et internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, selon un nouveau projet de recherche majeur mené par l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP).

Face aux changements qui se profilent à l’horizon des prochaines décennies en raison des actions menées au Canada et dans le monde, l’IRPP demande aux gouvernements fédéral et provinciaux de mieux coordonner leurs efforts et d’adapter soigneusement leur aide afin d’aider les communautés à transformer leurs économies locales.

Ce n’est là qu’une des principales recommandations issues du projet novateur et à multiples facettes de l’IRPP : Transformations communautaires. Ce projet vise à fournir aux communautés canadiennes les outils et les connaissances nécessaires pour les aider à faire face aux changements qui se produiront au cours des prochaines années.

« Les communautés plus exposées peuvent finalement en sortir gagnantes, avec une économie plus forte et une main-d’œuvre plus qualifiée, mais le processus pour y parvenir peut être ardu », explique Rachel Samson, vice-présidente à la recherche à l’IRPP.

« Les gouvernements peuvent faire certaines choses pour améliorer la résilience des communautés et faciliter les transformations. »

Ces communautés, identifiées par l’IRPP au moyen d’une carte interactive unique en son genre, sont souvent petites, rurales et moins diversifiées sur le plan économique. Certaines d’entre elles, telles que les communautés de constructeurs automobiles, sont déjà en cours de transformation, tandis que d’autres, comme celles qui produisent du gaz naturel, pourraient ne pas être confrontées à la transformation avant des décennies.

Dans les petites communautés, les perturbations peuvent se propager à partir des entreprises individuelles et de leurs travailleurs et affecter les fournisseurs locaux, les services, les revenus des gouvernements et même les marchés du logement.

L’IRPP formule des recommandations :

  • Renforcer les incitations à l’investissement privé dans les communautés vulnérables :Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient offrir des crédits d’impôt et des subventions plus importants afin d’orienter les investissements vers les communautés qui en ont le plus besoin.
  • Renforcer la planification stratégique du développement économique au niveau local : Les programme de développement des collectivitiés (Sociétés d’aide au développement des collectivités au Québec) financées par le gouvernement fédéral sont basées dans les communautés, sont gouvernées localement et pourraient soutenir les stratégies de transformation menées localement si elles disposaient de ressources suffisantes.
  • Créer un Centre canadien de transformation communautaire :Un centre d’information centralisé permettrait de partager les données, les études de cas et les meilleures pratiques à l’échelle nationale, réduisant ainsi la nécessité pour chaque communauté de partir de zéro.

Les recommandations futures du projet porteront sur les besoins en matière de compétences et de formation, les ajustements de l’assurance-emploi, l’aide aux principaux employeurs et le renforcement des aides sociales. D’ici 2026, le projet fournira un ensemble complet de recherches, d’analyses, de données et de recommandations.

« Les communautés canadiennes seront confrontées à une multitude de défis au cours des prochaines décennies, alors même que les gouvernements devront faire face à de graves difficultés budgétaires. Nous avons besoin de politiques et de programmes stratégiques, collaboratifs et, en fin de compte, locaux, qui aideront nos communautés à saisir les opportunités et à répondre aux perturbations », a déclaré Jennifer Ditchburn, présidente et chef de la direction de l’IRPP.

Pour en savoir plus, veuillez visiter irpp.org/fr/transformations-communautaires/.

Vous y trouverez :

Le projet Transformations communautaires est une initiative de l’Institut de recherche en politiques publiques, en partenariat avec le Community Data Program du Réseau canadien de développement économique communautaire, The Energy Mix et de nombreux experts. Ce projet a été en partie financé par Vancity, la Fondation McConnell et la Fondation Max Bell. Fermement attaché à son indépendance éditoriale, l’IRPP conserve le plein contrôle du contenu de toutes ses publications.

Contact médias

Cléa Desjardins, Directrice des communications – IRPP
cdesjardins@nullirpp.org – 514-245-2139

Une nouvelle étude l’IRPP montre que la tarification carbone a peu d’impact sur l’abordabilité

Montréal – Les politiques de tarification des émissions, telles que la redevance fédérale sur les combustibles et la taxe carbone de la Colombie-Britannique, ont eu un impact minime sur l’inflation, contribuant pour moins de 0,5 % à l’augmentation des prix à la consommation depuis 2019, selon une nouvelle étude de l’Institut de recherche en politiques publiques. Il s’agit d’une petite fraction de la hausse de plus de 19 % des prix au cours de cette période.

Mais les gouvernements devraient affiner et mieux communiquer leurs politiques pour aider les Canadiens qui en ont le plus besoin.

« Notre étude montre que, contrairement à la croyance populaire, la tarification des émissions n’est pas à l’origine des problèmes d’abordabilité au Canada », expliquent les coauteurs de l’étude, Trevor Tombe et Jennifer Winter, économistes à l’Université de Calgary. « La plupart des augmentations de prix des biens de consommation et des produits de première nécessité sont dues à des facteurs mondiaux tels que la flambée des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement. La lenteur de la croissance des salaires a également affecté l’abordabilité. »

Ils ont constaté que les remises accordées par les gouvernements, telles que la Remise canadienne sur le carbone, qui permettent de compenser le coût de la tarification des émissions, ont contribué à réduire l’impact.

Alors que les ménages des provinces plus dépendantes des combustibles fossiles subissent des coûts relativement plus élevés du fait de la tarification des émissions, la remise sur le carbone du gouvernement fédéral a atténué ces impacts. Dans les provinces soumises à la redevance fédérale sur les combustibles, les remises dépassent souvent les coûts supplémentaires supportés par les ménages, en particulier ceux dont les revenus sont les plus faibles.

« La remise canadienne sur le carbone se traduit par un gain financier net pour de nombreuses familles à revenu faible ou modéré. Les ménages à faible revenu et les familles avec enfants, qui consacrent une plus grande partie de leurs revenus à des dépenses essentielles comme l’énergie, sont également parmi les principaux bénéficiaires des rabais, ce qui signifie qu’ils sont principalement à l’abri de la tarification des émissions », affirment Tombe et Winter.

Les auteurs soulignent toutefois que tous les rabais ne se traduisent pas par des gains nets pour les citoyens. Par exemple, les Britanno-Colombiens, qui reçoivent le Climate Action Tax Credit de la province en fonction de leurs revenus au lieu la Remise canadienne sur le carbone, finissent souvent par débourser davantage en raison de la taxe carbone qu’ils ne reçoivent de remise. En adoptant une approche similaire à celle du gouvernement fédéral ou en augmentant le montant de ses remises, la Colombie-Britannique pourrait aider une plus grande proportion de résidents à sortir gagnants de la tarification des émissions.

Cette étude, commandée par le Conseil d’action sur l’abordabilité, ne vise pas à prévoir les impacts futurs de la tarification des émissions ni à évaluer son efficacité en tant qu’outil de politique climatique. Elle évalue plutôt son rôle historique dans la dynamique de l’abordabilité au Canada.

Les résultats suggèrent que les décideurs politiques qui cherchent à relever les défis de l’abordabilité devraient prendre en compte tous les facteurs d’augmentation des prix. Dans le but d’améliorer l’abordabilité, ils devraient également s’attarder à l’enjeu des salaires, étant donné que la lenteur de la croissance des revenus continue à éroder le pouvoir d’achat des ménages.

« Notre étude montre clairement que la tarification des émissions n’est pas le principal moteur des problèmes d’abordabilité au Canada. Grâce à une conception réfléchie des politiques et à une communication plus claire sur l’impact de la tarification des émissions sur les ménages, le Canada peut lutter contre les changements climatiques tout en maintenant l’abordabilité pour ses citoyens », déclarent Tombe et Winter.

Une nouvelle étude de l’IRPP présente une voie plus efficace pour accélérer l’utilisation des énergies renouvelables dans les pays en développement

L’étude préconise un modèle de financement de la lutte contre les changements climatiques basé des résultats avant la COP29 à Bakou en Azerbaïdjan

Montréal – Alors que les négociations sur le climat de la COP29 débutent cette semaine à Bakou, en Azerbaïdjan, une nouvelle étude de l’Institut de recherche sur les politiques publiques propose un moyen de soutenir l’accélération de l’action climatique dans les pays en développement.

Cette approche innovante, que les auteurs appellent « enchère sur les impacts climatiques », pourrait transformer le financement international du climat en offrant des incitations basées sur les résultats pour les projets d’énergie renouvelable, en permettant d’en faire plus avec moins d’argent, en attirant les petites et moyennes entreprises et en donnant la priorité à des résultats à fort impact et mesurables. Au fil du temps, cette approche pourrait être étendue à d’autres types de projets visant à réduire les émissions ou à aider les pays en développement à s’adapter aux changements climatiques.

« Les pays en voie de développement sont des partenaires essentiels dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais ils ont besoin d’un soutien financier ciblé et efficace. Les enchères sur l’impact climatique pourraient jouer un rôle clé dans l’accélération du recours aux énergies renouvelables dans ces pays en offrant des incitations basées sur l’impact réel », explique Joanes Atela, directeur du Réseau africain de recherche et d’impact, qui a coécrit le document avec un groupe d’experts internationaux en matière de financement de l’action climatique.

Les pays à revenu faible ou moyen produisent 72 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Sans une action rapide de leur part, l’objectif de limiter l’augmentation de la température mondiale à moins de 2 °C  ne pourra pas être atteint. Les pays à revenu élevé se sont engagés à verser 100 G$ par an pour soutenir l’action climatique dans les pays en développement, et prévoient de fixer un nouvel objectif lors de la COP29.

« Mais les flux d’aide financière actuels ont des limites », explique l’économiste Aidan Hollis, l’un des coauteurs de l’étude. « Les processus actuels de financement de la lutte contre les changements climatiques sont longs et fastidieux et manquent souvent de résultats mesurables. Notre modèle vise à combler ces lacunes en mettant en œuvre des enchères basées sur les résultats, ce qui permet aux pays donateurs et bénéficiaires d’obtenir un impact maximal pour chaque dollar dépensé », ajoute-t-il.

Dans le cadre du modèle proposé d’enchères sur l’impact climatique, des entités publiques ou privées soumettent des offres concurrentielles pour un montant total fixe de subventions liées au climat. Les soumissionnaires retenus reçoivent ensuite des paiements basés sur les résultats pour la production d’énergie renouvelable, comme l’énergie solaire et éolienne. En outre, en offrant des paiements par kilowattheure d’énergie renouvelable produite, le modèle favorise la transparence et la responsabilité, en alignant les incitations sur les résultats réels.

Des pays à revenu élevé, comme le Canada et l’Allemagne, ont déjà utilisé des méthodes similaires d’enchères inversées au niveau national pour accélérer les investissements dans les énergies renouvelables. L’application d’une approche axée sur les résultats dans les pays en développement offre la possibilité d’accroître rapidement l’efficacité du financement international de la lutte contre les changements climatiques.

« Les pays à revenu élevé sont à l’origine de la plupart des émissions qui se sont accumulées dans l’atmosphère », note Clara Brandi, du German Institute of Development and Sustainability, coauteure de l’étude. « Ils ont le devoir de soutenir des solutions dans les pays qui n’ont pas autant contribué au problème, mais qui sont souvent les plus touchés par les changements climatiques. Les enchères sur l’impact climatique peuvent contribuer à ce que ce soutien ait un impact et soit mesurable, tout en apportant des avantages aux pays du monde entier grâce à la réduction des émissions ».