The Long-Run Determinants of Deep/Political Canada-US Integration

John N. McDougall 19 janvier 2005

Faisant remonter à la Guerre froide les origines de l’intégration, John McDougall, (University of Western Ontario) soutient de son côté que l’ambition de nombreux chefs d’entreprise canadiens de réduire l’incidence pratique de la frontière canado-américaine est bien antérieure aux attentats du 11 septembre 2001, qui n’ont fait qu’accentuer leur détermination. Dans la joute qui oppose les grands idéaux canadiens aux réalités économiques et commerciales, celles-ci auraient ainsi marqué leurs premiers points bien avant l’élection de 1988.

Contrairement à l’Union européenne, une intégration plus poussée ne nécessiterait d’ailleurs pas la création de structures décisionnelles. Le Canada et les États-Unis n’ont besoin de confier aucune autorité particulière à une institution centrale, croit l’auteur, les deux pays pouvant théoriquement concrétiser leur intégration économique en apportant à leurs politiques des modifications à la fois mutuelles et indépendantes. Mais ce processus ira de pair avec une intégration politique, prévient-il, et exigera « l’adoption de pratiques et de politiques américaines, ou l’harmonisation à celles-ci, dans nombre d’aspects de notre réalité nationale ». En tant que « nation souveraine et entité juridique », le Canada survivra évidemment à ce genre de mutation structurelle. Mais en tant que communauté distincte, conclut John McDougall, chaque avancée de l’intégration nord-américaine pourrait à long terme menacer sa cohésion interne.