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Les Canadiens aiment ou détestent la péréquation selon leur perception du Canada… et du Québec

13 octobre 2021 Imprimer

Montréal — Le 18 octobre, les Albertains se prononceront par référendum sur le retrait du principe de péréquation de la Constitution canadienne.

Selon une nouvelle étude de l’Institut de recherche en politiques publiques, le soutien à la péréquation dépend largement du sentiment d’appartenance des Canadiens à leurs provinces respectives et à l’ensemble du pays, mais aussi de leur perception du Québec. Pour atténuer la politisation du programme, les coauteurs de cette étude de l’IRPP proposent d’en réformer la structure de gouvernance et d’adapter la formule de péréquation à l’évolution de la conjoncture économique.

Olivier Jacques, Daniel Béland et André Lecours figurent parmi les premiers chercheurs ayant mené une analyse systématique de l’opinion publique sur le programme fédéral de péréquation, qui consiste à verser des paiements aux provinces dont la capacité fiscale est inférieure à la moyenne nationale. Ils montrent que les Canadiens lui sont majoritairement favorables, mais aussi qu’on s’y oppose le plus fortement en Alberta et en Saskatchewan. Un rejet fondé sur la combinaison de deux facteurs : l’identification à sa propre province et le ressentiment à l’égard du statut du Québec au sein de la fédération.

« Plus les gens s’identifient à l’ensemble du pays, plus ils manifestent un sentiment de solidarité nationale, observe Olivier Jacques. Cette solidarité renforce leur appui à la redistribution des ressources vers les régions moins favorisées, qu’ils vivent dans une province mieux ou moins nantie. À l’inverse, ceux qui s’identifient principalement à leur province sont moins enclins à soutenir la péréquation. »

Mais la perception du Québec joue aussi un rôle clé, puisque le soutien à la péréquation recule lorsqu’on estime qu’il jouit d’un statut privilégié au sein du Canada. Dans l’Ouest, on prétend de longue date que le Québec profite démesurément de la péréquation et qu’il fait obstacle à des projets de pipeline jugés essentiels à l’économie albertaine. Or, soulignent les auteurs, il est plus avantageux pour les politiciens de renforcer la perception selon laquelle le Québec et Ottawa sont responsables des problèmes économiques de leur province que de convaincre leurs électeurs de la nécessité de certaines réformes.

« En régime fédéral, certains politiciens seront toujours tentés de rejeter le blâme de leurs propres difficultés sur d’autres régions, conclut Olivier Jacques. Rien n’est plus facile que d’utiliser la péréquation comme bouc émissaire du sentiment d’injustice économique et d’aliénation de l’Ouest. On peut toutefois supposer que l’amélioration du programme raffermirait le sentiment d’unité nationale dans l’ensemble des provinces, tout évitant la tenue de référendums inutiles. »


On peut télécharger l’étude Identité et ressentiment : expliquer le soutien au programme fédéral de péréquation, de Olivier Jacques, Daniel Béland et André Lecours, sur le site du Centre d’excellence sur la fédération canadienne (centre.irpp.org/fr/).

L’Institut de recherche en politiques publiques est un organisme canadien indépendant, bilingue et sans but lucratif, basé à Montréal. Pour vous tenir au courant de ses activités, veuillez vous abonner à sa liste d’envoi.

Renseignements : Cléa Desjardins — Tél. : 514 245-2139 — cdesjardins@nullirpp.org

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Cléa Desjardins
Directrice des communications
Tél. 514-245-2139 • cdesjardins@irpp.org