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La MRC du Rocher-Percé : Une force historique, une vigueur renouvelée

En empruntant la route 132 dans la péninsule gaspésienne au Québec, le rocher Percé, à la teinte caractéristique rougeâtre, apparaît au large de façon spectaculaire. L’emblématique monolithe de calcaire, qui s’élève à 80 mètres hors de l’eau et s’étend sur 400 mètres de long, semble ne pas avoir bougé avec le temps. Il a pourtant évolué au même rythme que la dynamique région qui l’entoure.

Lorsque le navigateur français Jacques Cartier est arrivé dans la région en 1534, au cours de sa première année de recherche d’une route vers l’Asie, il y avait au moins une autre arche naturelle dans le rocher, aujourd’hui effondrée depuis longtemps. Au sommet des falaises qui surplombent le golfe du Saint-Laurent, Cartier a rencontré des pêcheurs et des chasseurs micmacs expérimentés. La région — connue sous le nom de Gespe’gewa’gi — allait devenir l’un des premiers nœuds du commerce des produits de la mer entre les vagues de colons français et britanniques de la région et l’Europe.

Les habitants de la municipalité régionale de comté (MRC) du Rocher-Percé, située le long des rives escarpées au sud-ouest de la péninsule, entrevoient les perspectives d’une nouvelle vague de possibilités économiques : développement du tourisme, augmentation des exportations de produits de la mer, mine de cuivre prometteuse, développement de l’énergie éolienne et modernisation de l’une des plus grandes cimenteries d’Amérique du Nord.

Mais des nuages se profilent également à l’horizon, notamment la menace des droits de douane, les pénuries de main-d’œuvre et les changements climatiques.La capacité des entreprises et des travailleurs à surmonter ces difficultés dépendra de leur aptitude à retenir l’attention de décideurs politiques bien intentionnés, mais éloignés à Québec et à Ottawa, tout en veillant à ce que les choix pris en matière de développement économique soient ancrés dans les connaissances et les ambitions locales.

Logement plus efficace, logement plus abordable : mettre l’efficactié énergétique au coeur des solutions

Le Canada connaît une crise de l’abordabilité du logement qui pèse de plus en plus sur les ménages, en particulier ceux à faible revenu, pour qui le logement et l’énergie représentent déjà la principale dépense. Bien que le secteur de l’habitation aitréduit ses émissions depuis 2005, la décarbonation progresse trop lentement pour atteindre les objectifs climatiques de 2030 et 2050. Et même si l’efficacité énergétique s’améliore, la croissance démographique et l’augmentation de la surface habitable moyenne par personne entraînent une hausse des besoins et des coûts d’énergie. Or le slogan « construire plus » ignore trois réalités fondamentales : la sous-occupation de l’espace habitable déjà existant, la réglementation énergétique insuffisamment ambitieuse et les solutions technologiques encore largement sous-utilisées. Ce Repère propose sept recommandations, regroupées en trois axes complémentaires (social, structurel ainsi que technologique et économique), afin de faire de l’efficacité énergétique un levier pour un logement plus abordable, aujourd’hui et à long terme.

Sault Ste. Marie : La ville ontarienne de l’acier en quête d’une nouvelle vocation

Ancien poste de traite des fourrures dans le nord de l’Ontario, Sault Ste. Marie a connu un profond changement avec l’arrivée de l’industriel américain Francis Clergue, qui y a construit une centrale hydroélectrique sur les bords de la rivière St Marys il y a plus d’un siècle. Ce barrage a permis d’alimenter la région en énergie abordable, et l’a transformée en un carrefour industriel. Francis Clergue a également ouvert à Sault Ste. Mary une aciérie, une manufacture de pâte à papier et construit une voie ferrée.

L’Algoma Central Railway a cessé ses activités en 1914, tandis que l’usine de papier St. Mary’s Paper a fermé ses portes en 2011, laissant 30 personnes sans emploi. De son côté, l’aciérie a pu poursuivre ses activités en fabriquant entre autres des obus pendant la Première Guerre mondiale. Elle a également résisté à la faillite pendant la Grande Dépression et a subi plusieurs restructurations, dont la plus récente date de 2018.

Aujourd’hui, l’aciérie Algoma Steel, l’un des trois principaux producteurs d’acier du Canada et le seul à être indépendant, se trouve à nouveau à la croisée des chemins. Confronté aux droits de douane punitifs imposés par l’administration Trump sur les importations d’acier canadien et à la concurrence féroce des producteurs étrangers à bas prix, le sidérurgiste se trouve de nouveau devant un avenir incertain.

C’est aussi le cas pour la ville de 78 000 âmes, affectueusement surnommée « the Soo », où l’entreprise est installée. En effet, Algoma Steel constitue son principal employeur et l’un des piliers de l’économie de Sault Ste. Marie.

Mais aujourd’hui, une lueur d’espoir pointe à l’horizon grâce à l’éventuelle conversion d’Algoma Steel à la technologie des fours à arc électrique (FAE) pour la production d’acier, un procédé qui fonctionne à l’électricité plutôt qu’au charbon, source d’émissions de carbone (CO2). On évalue le coût de cette transition à près de 900 M$. Contrairement aux hauts fourneaux, les FAE peuvent produire plus facilement de l’acier à faible teneur en carbone, utilisé dans les projets d’infrastructure, l’industrie lourde, les véhicules, la défense et la construction navale.

Mais ce changement comporte un coût pour la communauté, car la technologie nécessite moins d’employés. En décembre, l’entreprise a licencié environ 1 000 membres de son personnel en raison de la transition accélérée d’Algoma Steel vers les FAE et de la fermeture de ses hauts fourneaux.

Cette annonce, devenue réalité un an plus tôt que prévu, a porté un coup dur aux employés d’Algoma Steel et à la ville, mais a, du même coup, stimulé les efforts de la communauté pour diversifier l’économie locale au-delà de la production d’acier.

Ces initiatives pourraient compter sur un regain d’intérêt du gouvernement fédéral pour la réalisation de grands projets nationaux, tels que des oléoducs, des ports, des infrastructures de défense et des projets d’énergie propre et sur son engagement pour une politique « Achetez canadien » pour l’approvisionnement en acier et autres matières premières utilisées pour ces projets. Mais on ignore si ces projets seront mis en œuvre à temps pour compenser la place en rapide décroissance de l’acier canadien dans le marché américain, et si Algoma Steel pourra diversifier sa gamme de produits pour desservir les marchés intérieurs.

Quels pouvoirs le Québec détient-il sur son ordre constitutionnel interne ? La Constitution du Québec en contexte fédéral et comparé

Le 9 octobre 2025, le gouvernement du Québec, par l’entremise du ministre Simon Jolin-Barrette, a déposé à l’Assemblée nationale le projet de loi no 1, intitulé Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec. Ce geste unilatéral se produit dans le contexte d’un blocage du processus multilatéral de négociations et de modifications de la Constitution du Canada. Cette tendance récente à l’unilatéralisme n’est pas unique au Québec et se produit également ailleurs au pays.

Selon l’article 45 de la Loi constitutionnelle de 1982, les provinces ont le droit d’adopter, si elles le souhaitent, une constitution provinciale formelle et codifiée, c’est-à-dire une loi provinciale portant le titre de « Constitution » et rassemblant certaines des règles les plus importantes prévoyant son organisation et son fonctionnement.

Les provinces ont donc le pouvoir de modifier l’ensemble du contenu de leur constitution propre, à la condition de respecter certaines conditions prévues dans les lois constitutionnelles du Canada. À ce jour, seule la Colombie-Britannique s’est dotée d’une loi qui porte le titre de « Constitution », même si celle-ci demeure incomplète à titre de loi constitutionnelle, en ce sens où elle est plutôt conçue de manière pratique, sans se démarquer par une rédaction solennelle ou par une grande charge symbolique. On peut  y voir une certaine adhésion au même type de constitutionnalisme britannique qui sous-tend la constitution canadienne.

L’idée de doter le Québec d’une véritable constitution codifiée n’est par ailleurs pas nouvelle. Elle a été évoquée à plusieurs moments dans l’histoire politique de la province, sans jamais se concrétiser.

Ailleurs dans le monde, de nombreux systèmes fédéraux sont composés d’États membres qui possèdent leur propre « constitution interne ». Cette étude se penche notamment sur d’autres exemples de fédérations, incluant  les États-Unis, la Suisse, l’Autriche, l’Australie et l’Allemagne.

Or, la particularité du Canada est que les « constitutions provinciales » sont diffuses et partiellement non écrites. Pour le Québec, l’adoption éventuelle d’une constitution provinciale formelle et codifiée apparaît être une avenue prometteuse pour continuer d’investir pleinement sa propre scène constitutionnelle provinciale, toujours dans le contexte du blocage du processus multilatéral de négociations constitutionnelles.

Pour qu’un tel projet soit couronné de succès, tant sur le fond que sur la forme, il doit cependant être l’objet d’une démarche qui permettrait à cette nouvelle Constitution du Québec d’être le reflet d’un large consensus, tout en assurant à l’ensemble des parties prenantes la possibilité de s’y reconnaître. Le défi est majeur.

Soutenir les communautés lors de licenciements et de fermetures d’entreprises : un cadre global

Le paysage économique canadien est en pleine mutation. L’évolution de l’environnement commercial, les efforts mondiaux de réduction des émissions et d’autres tendances structurelles refaçonnent les industries et les exigences professionnelles. Ces changements s’accompagnent de perspectives favorables, mais aussi de risques et de conséquences disparates.

Certaines communautés sont particulièrement exposées aux perturbations que de tels changements feront subir au marché du travail. Cette note d’information cible les licenciements collectifs et les fermetures d’une importance suffisante pour hausser considérablement le taux de chômage local. Ces événements peuvent provoquer des chocs à l’échelle communautaire qui vont bien au-delà des travailleurs et des employeurs directement touchés. Les conséquences de tels bouleversements peuvent être particulièrement dramatiques dans les communautés plus petites, plus éloignées et moins diversifiées sur le plan économique, où ils peuvent se répercuter sur le tissu économique local (fournisseurs et entreprises), affaiblir les revenus des municipalités, secouer le marché immobilier et nuire à la cohésion sociale et au bien-être général de la population.

Les systèmes de soutien canadiens ciblent surtout les pertes d’emploi individuelles et les employeurs directement touchés. Ils proposent des mesures ad hoc morcelées plutôt qu’un soutien coordonné, rapide et à l’échelle communautaire. Lorsque des fermetures majeures et des licenciements collectifs surviennent, l’aide peut arriver trop tard ou ne pas répondre pleinement à l’ampleur ou à la nature des besoins de la communauté. Une telle approche est insuffisante, en particulier en période d’instabilité économique.

Pour aider rapidement et efficacement les personnes et les régions touchées par des licenciements collectifs et des fermetures importantes, une approche coordonnée et globale est nécessaire. Afin de renforcer la capacité d’intervention rapide et d’aider ces communautés à se stabiliser financièrement et à planifier leur avenir, l’Institut de recherche en politiques publiques recommande les mesures suivantes. Chaque mesure est liée à des conditions claires, afin que les réponses correspondent aux différents besoins des communautés, selon leur ampleur :

  1. Établir de façon proactive des accords de transformation communautaire avec les collectivités les plus exposées, afin de privilégier la reprise et le renouvellement à long terme.
  • Les gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux, municipaux et autochtones, de même que les sociétés d’aide au développement des collectivités (SADC) et les agences de développement régional (ADR), devraient conclure des accords de transformation communautaire avec les collectivités les plus exposées avant que des perturbations du marché de l’emploi ne surviennent. De tels accords coordonneraient les mesures et les investissements locaux à tous les niveaux de gouvernement. Ils garantiraient que le soutien ne se limitera pas aux travailleurs et aux entreprises directement touchés, mais qu’il aidera l’ensemble de la communauté et qu’il renforcera la résilience à long terme. Les SADC, avec un mandat élargi et des ressources nécessaires, pourraient réunir les partenaires et coordonner le processus.
  1. Activer des centres de soutien communautaire à intervention rapide lors de licenciements et de fermetures importantes.
  • Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient créer conjointement un « Fonds de transformation communautaire » afin de mettre en place, d’étendre et d’activer des centres de soutien communautaire à intervention rapide. Ces centres provinciaux ou territoriaux, codirigés avec des partenaires locaux, offriraient un soutien rapide et coordonné, adapté aux besoins locaux, pour les communautés confrontées à une fermeture importante ou à des licenciements collectifs.
  1. Fournir une aide financière ciblée et temporaire aux communautés les plus touchées, incluant un supplément additionnel au revenu.
  • Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient établir des critères clairs permettant de mobiliser un programme d’aide financière ciblé et ponctuel pour les ménages, les entreprises et les organismes de services sociaux des communautés les plus touchées. Ce programme serait financé par le fonds de transformation communautaire.

Neepawa : Une terre d’abondance en pleine croissance

Neepawa, une communauté rurale des Prairies peuplée d’un peu plus de 6 000 habitants, a longtemps été modelée par ses racines agricoles.

L’autrice Margaret Laurence a rendu ce lieu célèbre avec sa série de romans dont l’action se déroulait à Manawaka, une ville fictive qui s’inspirait de Neepawa et de ses sites et monuments emblématiques, notamment l’ange en pierre du cimetière Riverside. Neepawa n’est toutefois plus la petite ville homogène décrite dans ces histoires. La croissance rapide, les investissements agroalimentaires à grande échelle et l’arrivée de nouveaux résidents venus du monde entier remodèlent la communauté, lui conférant un caractère plus diversifié, plus dynamique et plus vivant.

Nommée d’après le mot cri signifiant « terre d’abondance », Neepawa est l’une des communautés du Manitoba dont l’accroissement est le plus rapide. Sa population a augmenté de 70 % au cours des 15 dernières années, une hausse largement due à l’arrivée en 2008 de HyLife, une grande entreprise de production et de transformation de viande de porc. L’expansion ultérieure de l’usine a alimenté la demande de travailleurs et entraîné un afflux de nouveaux résidents, dont beaucoup sont des immigrants philippins. Nombre d’entre eux sont admis dans le cadre du programme fédéral des travailleurs étrangers temporaires, qui fournit la main-d’œuvre nécessaire aux opérations de HyLife et à l’ensemble de l’économie agroalimentaire.

La communauté philippine, en pleine expansion, représente aujourd’hui près de la moitié de la population de Neepawa. Beaucoup sont de jeunes familles qui cherchent à s’y enraciner et à commencer une nouvelle vie. L’augmentation de la population a rendu la ville plus dynamique. Un nouvel hôpital est en cours d’achèvement et une nouvelle caserne de pompiers a récemment ouvert ses portes. Il y a également un nouvel hôtel et un parc à vélos de montagne, une installation innovante de traitement des eaux usées, plusieurs restaurants philippins et un projet de nouvelle école secondaire.

Au fur et à mesure que la ville se développe et se diversifie, elle s’ouvre à de nouvelles perspectives et est confrontée à de nouveaux défis. Nombre de ces difficultés sont déjà bien connues des communautés de l’ensemble du Canada, comme la saturation des systèmes scolaire et de santé, et les coûts élevés de logement. Plus récemment, de nouveaux obstacles se sont dressés. L’économie agroalimentaire de Neepawa, qui est fortement exposée aux pressions du marché mondial, a été affectée par les droits de douane chinois sur les exportations canadiennes de porc et de canola. Bien que les gouvernements aient signalé des progrès en ce qui concerne l’assouplissement de certains irritants commerciaux, les droits de douane sur le porc restent en place, ce qui suscite des inquiétudes quant aux volumes de transformation futurs dans une ville où HyLife est le pilier de l’emploi, de l’immigration et de la croissance économique. Le conflit commercial actuel entre le Canada et les États-Unis ainsi que l’évolution des politiques d’immigration ont également ajouté à l’incertitude du secteur.

Malgré ces défis, l’attitude positive des habitants de Neepawa les aidera à gérer la croissance, à s’adapter au changement et à préserver le bien-être de la communauté.

Le message que l’on retient de nos entretiens avec les membres de la communauté est clair : bien qu’ils soient optimistes et prêts à aller de l’avant, ils ont besoin d’un contrôle local, d’un soutien plus fort de la part des autres niveaux de gouvernement et de ressources qui reflètent les circonstances uniques de la ville. Neepawa est une communauté qui identifie ses besoins et prend des mesures proactives pour y répondre, et lorsque des mesures sont nécessaires, les habitants sont prêts à les mettre en œuvre.

Suppression des droits de douane chinois : quelles conséquences pour les communautés canadiennes ?

En janvier 2026, le Canada et la Chine ont annoncé un nouvel accord commercial qui lèvera plusieurs droits de douane chinois sur les exportations canadiennes ainsi que les droits de douane canadiens sur les voitures électriques chinoises. Entré en vigueur le 1er mars 2026 cet accord allège considérablement la pression sur les exportations canadiennes de canola, de légumineuses et de fruits de mer.

Bien que cet accord soit un soulagement bienvenu pour les industries concernées, celles-ci ont déjà subi plusieurs dommages dans les derniers temps. Les exportations de canola de la Saskatchewan vers la Chine ont chuté de près de 70 % entre mars et octobre 2025 par rapport à l’année dernière. Les prix des légumineuses se sont effondrés pour les producteurs canadiens, l’Inde ayant également imposé des droits de douane sur les importations de pois jaunes. Pour les communautés qui dépendent de ces exportations, l’année écoulée a été difficile.

L’accord entre le Canada et la Chine n’est pas sans susciter la controverse. D’après les détails publiés par le gouvernement, tous les produits soumis à des droits de douane ne bénéficieront pas d’un allègement. La viande de porc, par exemple, qui représentait environ 5 % des exportations agroalimentaires canadiennes vers la Chine en 2024, restera soumise à des droits de douane de 25 %. Le gouvernement canadien a également essuyé des critiques pour avoir réduit les droits de douane sur les véhicules électriques chinois. Le secteur automobile, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, et le gouvernement américain ont tous remis en question cette décision. Mais pour plusieurs des communautés les plus touchées par les droits de douane chinois, cet accord constitue une avancée majeure.

Quel sera l’impact de cet accord au niveau local ? En nous appuyant sur nos travaux antérieurs visant à mesurer l’exposition de la main-d’œuvre locale aux perturbations commerciales, nous illustrons les implications potentielles de l’accord avec la Chine pour les communautés canadiennes dans plusieurs tableaux de bord ci-dessous.

Deux réalités commerciales très différentes avec la Chine

Notre premier tableau de bord suit les exportations mensuelles vers la Chine. La ligne bleu-vert représente la plupart des produits visés par les droits de douane (par exemple, le canola, les légumineuses et les fruits de mer), tandis que la ligne grise suit tout le reste.

Tableau de bord 1. Échanges commerciaux de produits soumis à des droits de douane et de produits non soumis à des droits de douane avec la Chine entre janvier 2024 et octobre 2025


Source : Calculs de l’IRPP basés sur la base de données sur le commerce international de marchandise d’ISDE.
Note : « Main tariffed products » représente la plupart des marchandises visés par les droits de douane chinois. « Other products » sont principalement des produits non soumis à des droits de douane, bien que certains produits soumis à des droits de douane puissent être inclus en raison de contraintes liées à la classification.

Le commerce total avec la Chine est en hausse, tiré par la forte augmentation des exportations d’énergie et de minéraux suite à l’ouverture du projet d’agrandissement du réseau de Trans Mountain (TMX). Mais ce chiffre global masque une divergence frappante.

En octobre 2025, les exportations de produits soumis à des droits de douane vers la Chine s’étaient effondrées, passant de 807 millions de dollars l’année précédente à 123 millions de dollars. La part des importations chinoises de produits canadiens soumis à des droits de douane est passée d’environ 32 % à moins de 7 %. Les exportations canadiennes totales de ces produits, toutes catégories confondues, ont baissé d’environ 19 % au cours de la même période. Les producteurs ont trouvé d’autres acheteurs, mais ils ne suffisent pas pour compenser entièrement la perte subie sur le marché chinois.

Mesurer l’exposition

Cette volatilité commerciale peut avoir des effets profonds sur l’emploi dans les communautés locales. Dans le cadre du projet Transformations communautaires de l’IRPP, nous mesurons cette exposition en prenant le nombre de travailleurs dans les secteurs touchés et en les pondérant : d’abord en fonction du degré de dépendance de chaque secteur vis-à-vis des exportations vers la Chine, puis séparément, en fonction des taux de droits de douane en vigueur.

Le premier calcul nous donne l’exposition aux exportations (tableau de bord 2) : une mesure en équivalents-travailleurs du nombre d’emplois liés au marché chinois. Le second nous donne l’exposition aux droits de douane (tableau de bord 3) : une mesure en équivalents-travailleurs du nombre d’emplois soumis à la pression de politiques tarifaires spécifiques. Ensemble, ils reflètent différentes dimensions de l’exposition des communautés : l’une structurelle, l’autre liée aux politiques.

Ces chiffres ne doivent pas être interprétés comme des prévisions de pertes d’emplois, car il est peu probable que l’emploi diminue proportionnellement aux parts d’exportation et aux taux de droits de douane. Cependant, comme la même méthodologie est appliquée de manière uniforme à l’échelle nationale, les différences relatives entre les communautés sont importantes.

Les communautés qui obtiennent un score plus élevé en matière d’exposition aux exportations ont une plus grande dépendance structurelle vis-à-vis du marché chinois, une vulnérabilité qui persiste indépendamment de la politique tarifaire actuelle. Les communautés qui obtiennent un score plus élevé en matière d’exposition aux droits de douane sont confrontées à une pression plus immédiate sur la main-d’œuvre due aux droits de douane actuellement en vigueur.

Dans les deux cas, les scores les plus élevés indiquent les endroits les plus exposés aux perturbations et ceux qui nécessitent le plus d’attention.

L’exposition des communautés aux perturbations du commerce avec la Chine est concentrée dans les provinces de l’Ouest et en Nouvelle-Écosse

Notre deuxième tableau de bord cartographie l’exposition aux exportations : quelles communautés dépendent du marché chinois, indépendamment des droits de douane.

Cette approche est similaire à celle de nos travaux antérieurs mesurant l’exposition aux exportations américaines. Ces travaux cartographiaient la dépendance vis-à-vis du marché américain au niveau des divisions de recensement afin de tenir compte du fait que les droits de douane peuvent évoluer rapidement, comme la dernière année en a fait la preuve.

Tableau de bord 2. Exposition des communautés aux exportations vers la Chine

Source : Calculs de l’IRPP à partir du recensement de 2021 de Statistique Canada, et les données sur le commerce par produit et par industrie d’ISDE.

Note : L’exposition aux exportations est calculée au niveau des divisions de recensement à partir des données sur l’emploi issues du Recensement de 2021 et des données commerciales provinciales et territoriales (2024), exprimées en équivalents-travailleurs et en pourcentage de la population active locale. Comme les données du recensement regroupent tous les emplois agricoles, nous utilisons les totaux provinciaux du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture (2021) et le nombre d’exploitations agricoles issu du Recensement de l’agriculture (2021) pour estimer l’emploi dans des secteurs spécifiques au niveau des divisions de recensement. Pour cette raison, l’emploi dans l’agriculture et l’exposition qui y est associée doivent être considérés avec prudence.

À l’échelle nationale, l’exposition aux exportations vers le marché chinois touche moins de 0,5 % de la main-d’œuvre canadienne. Mais la concentration varie considérablement dans certaines régions.

À Shelburne, en Nouvelle-Écosse, plus de 11 % de la main-d’œuvre locale est liée à des industries dépendantes de la Chine, principalement le secteur des produits de la mer. En Colombie-Britannique, plusieurs communautés rurales dépendantes de la foresterie et des produits de la mer affichent des taux d’exposition aux exportations de 3 à 5 %. Dans certaines parties du Manitoba et de la Saskatchewan, ce chiffre dépasse 5 %, sous l’effet de la culture céréalière.

Notre profil de la communauté de Neepawa offre un exemple de communauté dépendante de l’industrie de la transformation de la viande de porc.

Les travailleurs de la Saskatchewan et de l’Alberta sont les principaux bénéficiaires de l’accord avec la Chine

Notre troisième tableau de bord cartographie l’exposition aux droits de douane, qui varie en fonction du scénario tarifaire en vigueur.

  • Basculez sur « ACTUEL » pour voir l’exposition de la main-d’œuvre aux droits de douane chinois avant le 1er mars 2026.
  • Basculez sur « Après le 26 mars » pour voir l’exposition de la main-d’œuvre une fois l’accord entré en vigueur.

 

Tableau de bord 3. Exposition communautaires aux droits de douane chinois visant des produits canadiens

Source : Calculs de l’IRPP à partir du recensement de 2021 de Statistique Canada, les données sur le commerce par produit et par industrie d’ISDE, et des calendriers prévus de droits douanes.


Note : L’exposition aux exportations est calculée au niveau des divisions de recensement à partir des données sur l’emploi issues du Recensement de 2021 et des données commerciales provinciales et territoriales (2024), exprimées en équivalents-travailleurs et en pourcentage de la population active locale. Le passage d’un scénario à l’autre ne modifie que les taux tarifaires ; les données sous-jacentes relatives à l’emploi et au commerce restent inchangées. Comme les données du recensement regroupent tous les emplois agricoles, nous utilisons les totaux provinciaux du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture (2021) et le nombre d’exploitations agricoles issu du Recensement de l’agriculture (2021) pour estimer l’emploi dans des secteurs spécifiques au niveau des divisions de recensement. Pour cette raison, l’emploi dans l’agriculture et l’exposition qui y est associée doivent être considérés avec prudence.

L’exposition aux droits de douane combine l’exposition aux exportations présentée dans le tableau de bord 2 avec les droits de douane en vigueur pour chaque scénario. Ce calcul nécessite d’identifier les produits ciblés (codes du système harmonisé [SH]), de les associer à leurs secteurs d’activité (codes du Système de classification des industries de l’Amérique du Nord [SCIAN]) et de calculer un taux tarifaire en vigueur qui tient compte de la composition des exportations de chaque secteur. (Voir la note technique pour la méthodologie complète.)

Note: les taux applicables avant l’accord tiennent compte des droits de douane supplémentaires imposés pendant le conflit commercial et ne prennent pas en compte les droits de base suivant la clause de la nation la plus favorisée (NPF). Les taux applicables après l’accord sont ceux décrits dans l’accord conjoint préliminaire et peuvent inclure des éléments NPF. Ces taux sont approximatifs et sont susceptibles d’évoluer au fur et à mesure de la mise en œuvre.

Sous le régime tarifaire antérieur à l’accord, l’exposition nationale aux droits de douane représentait l’équivalent d’environ 12 500 travailleurs. Les trois provinces des Prairies — la Saskatchewan, le Manitoba et l’Alberta — représentaient environ les trois quarts de ce total, ce qui reflète le rôle prépondérant que jouent le canola et le porc dans leurs économies. Après l’accord, ce chiffre tombe à environ 3 100 équivalents-travailleurs, soit une réduction de 75 %.

Une certaine exposition aux droits de douane subsiste. L’huile de canola et les produits porcins restent soumis à des droits de douane, ce qui entraîne une réduction relativement moindre de l’exposition aux droits de douane au Manitoba. Cette exposition laisse subsister des poches de vulnérabilité, en particulier dans les communautés dotées d’installations de transformation plutôt que de production primaire, comme Neepawa, au Manitoba, qui abrite l’une des plus grandes exploitations porcines du Canada.

Perspectives

La politique commerciale fait généralement l’objet de débats au niveau national, mais ses répercussions se font souvent sentir au niveau local. Pour des dizaines de collectivités de l’Ouest canadien, l’accord avec la Chine représente un soulagement important et un retour à une situation plus stable après une année difficile. Pour d’autres, qui dépendent de produits toujours soumis à des droits de douane, l’incertitude persiste.

Nos tableaux de bord peuvent aider à identifier les communautés qui bénéficieront d’un allègement et celles qui restent vulnérables. À mesure que l’accord entrera en vigueur et que de nouvelles données seront disponibles, nous mettrons à jour ces outils pour refléter l’évolution de la situation.

Notes

Quelques remarques sur les limites de nos calculs :

  • Les données sur l’emploi proviennent du recensement de 2021. Il s’agit des données les plus récentes disponibles, mais elles ne sont pas à jour.
  • Notre indicateur d’exposition mesure la vulnérabilité potentielle, et non les pertes d’emploi effectives.

Les détails de l’accord pourraient encore changer, tout comme les tarifs douaniers au fur et à mesure de la mise en œuvre.

The Workforce Opportunity for Rural Communities Initiative


Location The United States, focusing on the Appalachian (13 states), Lower Mississippi Delta (eight states) and Northern Border regions (four states)

Initiative The Workforce Opportunity for Rural Communities Initiative

Program snapshot In 2019, the U.S. Department of Labor’s Employment and Training Administration partnered with the Appalachian Regional Commission and the Delta Regional Authority — two regional economic development agencies — to launch the Workforce Opportunity for Rural Communities (WORC) Initiative. In 2023, the initiative expanded to include the Northern Border Regional Commission. Since its launch, six rounds of grants have invested over $209 million in 158 projects. The initiative awards grants to locally administered, place-based workforce development projects in rural communities that are grappling with long-term economic distress linked to the decline of traditional industries, such as coal mining, forestry and manufacturing. In 2024, the initiative’s sixth funding round expanded eligibility for so-called energy communities, including those with brownfields and areas with a coal-plant or -mine closure, to link rural workforce development with decarbonization goals. The WORC Initiative supports projects that identify and address regional workforce needs and boost local employers’ competitiveness. Its goal is to help communities retain residents by connecting them to family-sustaining, in-demand and quality jobs through career training and supportive services. Examples of funded projects include locally delivered upskilling and retraining programs, vocational training and apprenticeships, career counselling and entrepreneurship support, short-term certification and qualification programs and initiatives to build employment pipelines with local employers.

Sector focus Projects are driven by local conditions and priorities. The 158 grant projects to date span sectors such as health care, trade, information technology, aviation, manufacturing, aerospace, clean energy and agricultural technology.

Time frame Launched in 2019, the WORC Initiative completed six grant rounds between 2019 and 2024. A seventh round is currently under development.

Aligning Training with the Transition


Location France

Initiative The Compte personnel de formation (“Personal Training Account”)

Program snapshot The Compte personnel de formation is a quasi-universal system that encourages all French working-age adults to engage in lifelong learning and skills development as part of a national strategic plan for anticipating labour market changes, including changes resulting from the net-zero transition. Workers are credited with an annual training allocation in a personal account that is managed by the state but funded through mandatory employer levies. Credits in the account can be redeemed for certified training. The digital delivery platform is also starting to enable workers to document and certify their skills and training as well as develop personalized learning plans to anticipate future career changes. While not specific to so-called green-task jobs, at least one region has used the program infrastructure to incentivize retraining for high-priority occupations in the green economy. Available data do not permit any conclusions on the take-up of training related to net-zero transition occupations, nor do data permit analyses of relative participation by workers in sectors that are more or less exposed to the impacts of the net-zero carbon commitments made by the French government. However, the program infrastructure and data systems offer a national model for monitoring and influencing workers’ training decisions and their alignment with demand during the net-zero transition.

Sector focus The Compte personnel de formation is not sector specific but is adaptable as a tool to promote green-task jobs.

Time frame The Compte personnel de formation was launched in 2018, building on an older program, with programmatic updates since.

Enseignements tirés des approches axées sur le lieu sur la voie de la carboneutralité

Les efforts déployés à l’échelle mondiale et canadienne pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et abandonner les combustibles fossiles ont soulevé une question politique centrale : Comment la main-d’oeuvre, les secteurs et les régions peuvent-ils s’adapter et développer les compétences nécessaires pour un avenir à faible intensité de carbone ?

Certaines communautés ressentiront les effets plus rapidement et plus sévèrement, en particulier les petites zones rurales ou isolées où l’emploi est fortement concentré dans les secteurs exposés et où la diversification économique locale est limitée.

Bien que le Canada offre un large éventail de mesures de soutien en matière de formation, d’assurance-emploi et de développement économique régional, de nombreux programmes sont conçus pour la population en général plutôt que pour répondre aux besoins spécifiques des communautés exposées. Des interventions ciblées et adaptées au contexte local, qui intègrent le développement économique et celui de la main-d’oeuvre, peuvent contribuer à combler cette lacune. La formation professionnelle et le développement de la main-d’oeuvre sont des leviers essentiels pour permettre des transitions efficaces et équitables.

Ce projet de recherche conjoint de l’IRPP et du Centre des Compétences futures passe en revue huit initiatives internationales, menées en Australie, au Danemark, en France, en Nouvelle-Zélande, en Espagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis, qui intègrent des approches locales de la formation professionnelle et du développement de la maind’oeuvre, conçues pour aider les travailleurs à rester dans leur communauté ou à proximité tout en acquérant les compétences dont ils ont besoin pour trouver un emploi à long terme. Considérées dans leur ensemble, ces études de cas constituent un cadre complet et unique au Canada pour renforcer la résilience de la main-d’oeuvre dans le cadre de la transition vers la carboneutralité. Chaque cas fait ressortir des choix de conception, des stratégies, des défis et des éléments fondamentaux spécifiques qui pourraient être adaptés aux institutions canadiennes et aux réalités du marché du travail.

Dix leçons récapitulent les principales conclusions tirées de ces études de cas et leur pertinence pour le Canada.

✔ Leçon 1
La recherche d’un consensus et la collaboration tripartite entre le gouvernement, l’industrie et les syndicats permettent de coordonner les efforts de transition.
✔ Leçon 6
La participation des peuples et communautés autochtones à la planification et à la mise en œuvre de la transition est essentielle.
✔ Leçon 2
La participation de la communauté à la planification de la transition renforce l’adhésion locale et la résilience.
✔ Leçon 7
Les communautés rurales peuvent avoir besoin de soutiens supplémentaires ciblés pour stabiliser leurs populations.
✔ Leçon 3
Le développement d’industries de remplacement viables à l’échelle locale avant l’abandon progressif des industries existantes permet d’éviter des perturbations économiques au niveau communautaire.
✔ Leçon 8
Des mécanismes d’évaluation continue et d’adaptation des plans sont essentiels pour garantir la réactivité des stratégies.
✔ Leçon 4
Le développement proactif des compétences et l’exploitation des compétences transférables peuvent faciliter la transition de la main-d’œuvre.
✔ Leçon 9
La formation de la main-d’œuvre harmonisée avec des plans de développement économique plus larges est plus efficace.
✔ Leçon 5
Un soutien social solide et ciblé atténue les risques liés à la transition pour les travailleurs et les travailleuses et pour les communautés.
✔ Leçon 10
Fournir un soutien technique, financier et administratif aux communautés faisant face à des contraintes de capacité.

 


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