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La perte d’emploi incite peu les travailleurs à déménager, à acquérir de nouvelles compétences ou à se lancer à leur compte, révèle une nouvelle étude

24 février 2021 Imprimer

Montréal — La pandémie de COVID-19 a fait perdre leur emploi à des milliers de travailleurs canadiens, dont beaucoup de façon permanente. Maintenant que la campagne de vaccination est lancée et que se profile la reprise économique, il est temps de réfléchir aux politiques d’ajustement à long terme pour venir en aide à ces travailleurs licenciés. Une nouvelle étude de l’Institut de recherche en politiques publiques montre que peu de travailleurs mis à pied adoptent des stratégies d’adaptation qui pourraient les aider à se remettre sur pied, même quand les emplois sont rares.

L’étude des chercheurs de Statistique Canada René Morissette et Theresa Qiu est la première au pays à examiner simultanément quatre stratégies d’adaptation que peuvent adopter les travailleurs après une perte d’emploi : déménager, entreprendre des études postsecondaires, suivre une formation professionnelle ou devenir travailleurs autonomes.

Leur étude porte sur les travailleurs licenciés en 2009, soit au cœur de la dernière grande récession, et révèle que seulement un sixième d’entre eux avaient adopté au moins l’une de ces stratégies un an après leur licenciement. Cinq ans après leur perte d’emploi, ils étaient à peine plus nombreux — un cinquième — à l’avoir fait.

L’adoption et le choix des stratégies variaient considérablement selon des caractéristiques telles que celles-ci :

  • Sexe — Dans l’année suivant leur perte d’emploi, la stratégie la plus souvent adoptée par les femmes consistait à entreprendre des études postsecondaires, tandis que les hommes étaient plus enclins à changer de région. Mais cinq ans après une mise à pied, hommes et femmes privilégiaient tous deux le déménagement vers une nouvelle région.
  • Âge — Les travailleurs licenciés plus âgés étaient moins susceptibles que les plus jeunes de changer de région ou d’acquérir de nouvelles compétences, aussi bien à court qu’à long terme.
  • Scolarité — Par rapport aux travailleurs licenciés possédant un diplôme, les moins scolarisés étaient nettement moins enclins à se lancer à leur compte ou à entreprendre des études postsecondaires, à court comme à long terme.

Les auteurs concluent que, de manière générale, il semble qu’un licenciement n’exerce en soi qu’une très faible influence sur l’adoption de stratégies d’adaptation, vraisemblablement parce que la plupart des travailleurs licenciés parviennent à retrouver du travail peu après leur mise à pied. Pour autant, la majorité de ceux qui étaient toujours sans emploi au bout d’un an ­— les trois quarts — n’avait adopté à court terme aucune des quatre stratégies.

« Il sera important de mieux les identifier et de comprendre pourquoi ils renoncent à toutes ces stratégies d’adaptation après leur licenciement, afin d’orienter les recherches futures et d’élaborer des politiques qui aideraient ces travailleurs à réintégrer le marché du travail, concluent les auteurs. »


On peut télécharger l’étude Adjusting to Job Loss When Times Are Tough, de René Morissette et Theresa Qiu, sur le site de l’IRPP (irpp.org/fr/).

L’Institut de recherche en politiques publiques est un organisme canadien indépendant, bilingue et sans but lucratif, basé à Montréal. Pour vous tenir au courant de ses activités, veuillez vous abonner à sa liste d’envoi.

Renseignements : Cléa Desjardins — Tél. : 514 245-2139 — cdesjardins@nullirpp.org

Adjusting to Job Loss When Times Are Tough

Adjusting to Job Loss When Times Are Tough

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Cléa Desjardins
Directrice des communications
Tél. 514-245-2139 • cdesjardins@irpp.org