Les progrès accomplis par le Québec expliquent en partie l’impasse du mouvement souverainiste

24 octobre 2017
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Montréal – De nombreux Québécois restent ambivalents face à leur situation au sein du Canada, car la balance des avantages et des inconvénients ne penche jamais clairement d’un même côté, soutient l’Institut de recherche en politiques publiques dans une nouvelle publication.

Nombre d’observateurs attribuent le déclin du mouvement souverainiste à des problèmes de leadership ou à des erreurs tactiques. Mais comme l’indique la recherche, des raisons plus profondes expliquent le recul du soutien à l’indépendance, fait valoir Jean-Herman Guay, professeur de science politique à l’Université de Sherbrooke.

Plusieurs facteurs qui ont alimenté le mouvement souverainiste ont ainsi perdu en importance sous l’effet des phénomènes suivants :

  • L’ampleur des progrès économiques, sociaux et culturels accomplis depuis les années 1960 ― en partie sous l’impulsion des politiques défendues par les souverainistes eux-mêmes ― a permis au Québec de rejoindre le niveau de vie du reste du Canada.
  • Les tensions linguistiques entre francophones et anglophones se sont considérablement apaisées.
  • Le Québec jouit d’une autonomie appréciable dans de nombreux domaines clés en raison même de la fédération canadienne, l’une des plus décentralisées du monde.
  • Étant donné que l’interventionnisme gouvernemental suscite un cynisme grandissant dans la population, de nombreux Québécois se méfient des grands projets politiques comme la souveraineté.

Si bien qu’aux prochaines élections québécoises, pronostique Jean-Herman Guay, le vote souverainiste sera plus fragmenté et l’opposition entre fédéralistes et souverainistes moins déterminante.

Il conclut en ces termes : « Par sa présence et sa puissance relative, le souverainisme a donc apporté des bienfaits économiques, sociaux et culturels, même si le projet en tant que tel n’a pas été réalisé. Et ses succès, assez cruellement, ont peut-être aussi provoqué son déclin ! »

On peut télécharger l’étude L’impasse souverainiste : les hauts et les bas du nationalisme québécois, de Jean-Herman Guay, sur le site de l’Institut (irpp.org/fr).

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L’Institut de recherche en politiques publiques est un organisme canadien indépendant, bilingue et sans but lucratif, basé à Montréal. Pour vous tenir au courant de ses activités, veuillez vous abonner à son infolettre.

Renseignements :    Shirley Cardenas    tél. : 514 594-6877    scardenas@nullirpp.org