Le Canada doit améliorer la sécurité des médicaments d’ordonnance pour les aînés

12 janvier 2017
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Montréal – Le Canada doit adopter une stratégie nationale pour régler la question des pratiques de prescription inadéquates qui entraînent un mauvais usage des médicaments chez les aînés, selon l’auteure d’une nouvelle étude de l’Institut de recherche en politiques publiques.

Les aînés sont les plus grands consommateurs de médicaments d’ordonnance au Canada. En moyenne, les deux tiers d’entre eux prennent au moins cinq de ces médicaments chaque année, le quart en prenant plus de dix. « Mais on estime que jusqu’à la moitié des médicaments donnés aux aînés sont pris de façon incorrecte ou prescrits inutilement, affirme Nicole Bernier, ce qui accroît la probabilité de réactions ou d’interactions indésirables. »

Pour résoudre ce problème, observe-t-elle, les gouvernements s’en sont largement remis aux efforts de groupes professionnels et de patients eux-mêmes, alors qu’il serait beaucoup plus efficace de miser sur des lois et des instruments financiers.

Elle préconise donc que le Canada adopte une stratégie nationale globale et étoffe le rôle joué par Santé Canada. S’appuyant sur les recommandations de 2015 du Comité sénatorial des affaires sociales, des sciences et de la technologie, cette stratégie aurait notamment pour but de réexaminer le processus d’approbation des médicaments, de superviser les médicaments récemment commercialisés qui sont prescrits aux aînés, d’améliorer le signalement des effets indésirables et de favoriser la recherche indépendante sur l’utilisation non conforme des médicaments d’ordonnance.

De plus, elle devrait obliger les provinces et territoires à mettre régulièrement à jour leurs directives de prescription, à exiger des évaluations de médicaments et à assurer la couverture de traitements non pharmacologiques efficaces. De leur côté, les autorités sanitaires veilleraient à ce que les professionnels aient accès à des outils de décision clinique et aux antécédents médicaux de leurs patients afin d’améliorer leurs pratiques de prescription.

« En matière de santé des aînés, conclut Nicole Bernier, les pratiques de prescription reposent trop souvent sur des données incomplètes ou déficientes, ce qui peut entraîner des usages contre-indiqués et même nocifs. Beaucoup reste à faire pour résoudre cette importante question de santé pour notre population vieillissante. »

On peut télécharger l’étude Improving Prescription Drug Safety for Canadian Seniors, de Nicole F. Bernier, sur le site de l’Institut (irpp.org/fr).

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L’Institut de recherche en politiques publiques est un organisme canadien indépendant, bilingue et sans but lucratif, basé à Montréal. Pour être tenu au courant de ses activités, veuillez vous abonner à son infolettre.

Renseignements :    Shirley Cardenas      tél. : 514 594-6877            scardenas@nullirpp.org